Sandra Dijon
 


Pour la première fois de son histoire, l’Équipe de France féminine fut sacrée championne d’Europe en 2001, sur le territoire national, au Mans. Cela eu pour effet de propulser le basket féminin sous les projecteurs médiatiques.

Cette nuit-là, Ilona Kostine s’était retrouvée dans une boîte de nuit du centre du Mans, invitée par ses équipières de Bourges avec qui elle avait gagné l’Euroligue quelques mois auparavant. Seulement le champagne a dû lui paraître bien amer. La Russie venait d’échouer en finale de l’Eurobasket (68-73) et ce sont les Françaises qui riaient, dansaient, savouraient ce moment unique.
En ce début de XXIe siècle, la Russie était encore une référence du basket féminin européen même si elle n’était pas la superpuissance qu’avait constitué feu l’URSS, vingt-et-une fois championne du continent. Ce soir-là, Maria Stepanova, si reconnaissable avec ses jambes interminables qui la propulsent à 2,02m, réalisa un double double (12 points et 10 rebonds), Elena Baranova et Ioulia Skopa scorèrent 14 points chacune, et Ilona Korstine effectua ses habituelles contorsions sous le cercle, mais jamais les Bleues ne furent fébriles, même quand les Russes semblèrent pouvoir revenir à leur hauteur dans le troisième quart-temps.
« Je vais vous surprendre en disant que je n’étais pas plus énervé que d’habitude, que je n’ai pas eu d’inquiétude majeure, même au retour des Russes. C’est étonnant le sentiment de calme que j’avais ce matin, on est allé faire une séance de détente au stade, en plein air, où on s’est bien amusé. Sans crispation. Les filles ont franchi un palier » commentait après coup le coach Alain Jardel.
« C’est toute la confiance qu’on a accumulée depuis 1999. On croit en certaines choses, on espère beaucoup et on a conscience qu’il ne faut plus stresser », surenchérissait Cathy Melain faisant référence au parcours de son équipe à l’Euro précédent et aux JO de Sydney. La première fois, les Françaises avaient butté lors du dernier acte face au pays hôte, la Pologne, la deuxième fois en quart de finale au bénéfice de la Corée du Sud qu’elles auraient probablement battu neuf fois sur dix.

Cathy Melain élue MVP de l’Euro

Sérénité, c’est le mot qui résume tout le parcours de l’Équipe de France, à Orléans et au Mans. Elle remporta ses huit matches et n’a donc jamais démâté même quand les vents étaient défavorables contre l’Espagne. Cette équipe réunissait des joueuses d’âges différents (32 ans pour l’aînée Yannick Souvré, 22 ans pour la benjamine Edwige Lawson), qui n’étaient pas toutes copines en dehors du terrain, mais qui étaient réunies sur un intérêt commun : gagner. « Ce qui m’a le plus marqué, c’est cette osmose. Nous sommes douze joueuses qui sommes interchangeables. Certaines jouent plus que d’autres mais on ne le sent pas. Et c’est rare les équipes où on ne sent pas la différence entre celles qui jouent et celles qui ne jouent pas », faisait remarquer Laure Savasta.
La France s’appuya tout de même sur un cinq particulièrement performant avec Yannick Souvré à la mène, Audrey Sauret et Cathy Melain à l’extérieur, Nicole Antibe et Isabelle Fijalkowski à l’intérieur. Plus Sandra Le Dréan et Edwige Lawson comme principales rotations. Si une tête dépassait du groupe, c’est celle de Cathy Melain au sommet de son art et élue MVP de la compétition. « Elle sait tout faire et ses coéquipières, ses entraîneurs et probablement ses adversaires, vous diront tous que c’est une joueuse complète. Moi qui la connais bien, je dirais totale. Car pour Cathy, le basket c’est sa vie. Pas un magazine, pas un match télévisé ne lui échappe. Elle en mange matin, midi et soir. Pour son plaisir mais également pour son éducation car Cathy est une perfectionniste, une ambitieuse qui voit toujours plus haut », analysa Yannick Souvré.

Sur les chaînes généralistes

Distant lors du quart et de la demi-finale, le public d’Antarès au Mans sut se mobiliser vocalement pour la finale. « C’est ça l’avantage du terrain, le public a su nous encourager et je remercie celui du Mans et tous les autres qui ont compris qu’au-delà d’une aventure sportive, il s’agit d’une aventure humaine », s’enthousiasma Alain Jardel.
De fait, les 12 filles en or ont profondément marqué les esprits. C’était la première fois qu’une Équipe de France de basket était Championne d’Europe. Demi-finale et finale furent diffusées sur France Télévisions ce qui assurait inévitablement une caisse de résonnance supérieure. Les jours suivants, les joueuses et leur coach furent les invités de différentes chaînes de télévision et de stations de radio, les unes aux Mandrake d’Or de Jean-Pierre Foucault, les Valenciennoises à Télé Matin, Yannick Souvré, la plus sollicitée, à On a tout essayé de Laurent Ruquier. « C’est la première année où les médias généralistes s’intéressent à nous et à la Ligue parce que les douze Championnes d’Europe y jouent », nota la capitaine des Bleues.
Le Président de la Fédération, Yvan Mainini, avait également savouré de voir les Françaises investir la plus haute marche du podium. « Il y a des moments comme cela où il y a une forte envie de chialer, quand on entend La Marseillaise parce qu’on se dit qu’on y est quand même un peu pour quelque chose pour en être arrivé là. »

06/11/2017 - Texte : Pascal Legendre
 


Julie Barennes (11 saisons LFB - 303 matches)
Née le 9 février 1986 à Agen (47)

Issue de la filière de formation du Centre Fédéral, Julie Barennes débute sa carrière professionnelle à Nice. Après trois saisons sur la Côte d’Azur, elle prend la direction du Pas-de-Calais et Arras, séduit par son jeu polyvalent et sa science du placement. Elle retrouve son Sud-Ouest natal en 2009, année où elle s’engage avec Basket Landes. Une histoire d’amour qui durera sept saisons, entrecoupée en 2012-2013 d’une infidélité avec Angers en Ligue Féminine 2. Julie Barennes est maintenant entraîneur assistante dans son club de cœur dans les Landes.

Parcours
Avant 2000 Layrac Astaffort
2000-2001 Centre Fédéral Toulouse
2001-2004 Centre Fédéral
2004-2007 Nice
2007-2009 Arras
2009-2012 Basket Landes
2012-2013 Angers (LF2)
2013-2017 Basket Landes

Palmarès
Médaillée de bronze au Mondial U21 en 2007
Championne d’Europe U20 en 2005
Médaillée d'argent à l'Euro U20 en 2004
Médaillée de bronze à l’Euro U20 en 2006
Championne d’Europe U16 en 2001
Championne de France LF2 en 2013

Aurélie Bonnan (18 saisons LFB - 392 matches)
Née le 1er août 1983 à La-Teste-de-Buch (33) - Internationale A (24 sélections)

Agée d’à peine 15 ans lors de sa première saison LFB en 1998 sous le maillot de Tarbes, Aurélie Bonnan est devenue l’une des intérieures les plus fiables de la Ligue. Rebondeuse hors pair dotée d’une vision du jeu rare pour son poste, elle fait le bonheur de nombreux clubs LFB : Bordeaux, Mondeville, Lattes Montpellier, Nantes Rezé, Charleville-Mézières et enfin Basket Landes. Dans l’histoire de la Ligue Féminine, aucune joueuse n’a participé à plus de saisons qu’elle (18). Aurélie Bonnan est aussi, pour le moment, à la troisième place du nombre de matches joués en LFB (392).

Parcours
1998-2002 Tarbes
2002-2003 Bordeaux
2003-2006 Mondeville
2006-2007 Salamanque (ESP) puis Tarbes
2007-2009 Lattes Montpellier
2009-2011 Mondeville
2011-2012 Nantes Rezé
2012-2013 Charleville-Mézières
2013-2015 Nantes Rezé
2015-2016 Basket Landes

Palmarès
Médaillée de bronze à l’Euro en 2011
Médaillée de bronze au Mondial U21 en 2003
Médaillée de bronze à l'Euro U20 en 2002
Médaillée de bronze à l'Euro U16 en 1999
Vainqueur du Challenge Round LFB en 2012
Vainqueur du trophée de l'Avenir en 1999

Sandra Dijon (12 saisons LFB - 294 matches)
Née le 10 janvier 1976 à Fort-de-France (Martinique) - Internationale A (133 sélections)

Passée professionnelle à 24 ans avec Bourges, Sandra Dijon est un modèle de longévité en Ligue Féminine. Après plusieurs saisons à l’étranger (Espagne, Corée du Sud, Lettonie), elle revient en France pour porter les maillots de Lattes Montpellier, Arras, Mondeville et Bourges. Sa carrière se termine donc là où elle a commencé. Joueuse très physique, son mètre 92 lui permet de batailler férocement sous les paniers LFB et sur les terrains de 3x3. Cet été, elle a participé, avec l’Équipe de France, à la Coupe du Monde organisée à Nantes.

Parcours
2001-2004 Bourges
2004-2006 Puig d'en Valls (Espagne)
Eté 2006 Shinshan (Corée du Sud)
2006-2008 Lattes Montpellier
2008-2009 Cesis (Lettonie)
2009-2012 Lattes Montpellier
2012-2013 Arras
2013-2015 Mondeville
Oct-Nov 2015 Bourges

Palmarès
Championne d'Europe en 2001
Vainqueur de la Coupe de France en 2011
Championne de Lettonie en 2009
Championne de France NF1 en 2000

Yacine Sene (15 saisons LFB - 342 matches)
Née le 18 mars 1982 à Orléans - Internationale A (25 sélections)

Formée à Bourges, elle fait partie du groupe vainqueur de l’Euroligue en 2001. Passée ensuite par Reims, Aix-en-Provence, Clermont-Ferrand et Mondeville, elle termine sa carrière à Charleville-Mézières. Sa polyvalence aux quatre coins du terrain a permis aux Flammes de passer un cap en Ligue Féminine. Joueuse au grand cœur, elle s’occupe désormais de « Flammes de Cœur », le programme social du club ardennais.

Parcours
1999-2002 Bourges
2002-2004 Reims
2004-2005 Aix-en-Provence
2005-2006 Stade Clermontois
2006-2009 Aix-en-Provence
2009-2011 Mondeville
2011-2015 Charleville-Mézières

Palmarès
Médaillée de bronze à l'Euro U20 en 2002
Vainqueur de l'Euroligue en 2001
Championne de France en 2000
Vainqueur du Tournoi de la Fédération en 2000 et 2001
Championne de France Espoirs en 1998, 1999 et 2000

30/09/2017

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