Héléna Ciak
 


Que vous évoque les 20 ans de la Ligue Féminine ?
Si je reviens 20 ans en arrière, j'étais très loin d'imaginer un jour évoluer dans cette ligue. On a un championnat qui devient de plus en plus relevé d'années en années, avec 12 équipes avec un niveau vraiment très intéressant. 

Vous avez évolué deux saisons avec Koursk dans le championnat russe. Quelle parallèle pouvez-vous faire entre les deux ligues ?
Le championnat de Russie est un peu plus différent. Il y a trois équipes qui jouent vraiment le haut de tableau, et ensuite le niveau des autres clubs baisse radicalement. Et donc en fonction des week-ends, on a des rencontres plus ou moins intéressantes. En France, on a la chance d'avoir un championnat relevé et des matches serrés chaque semaine. 

Quand on évolue à l'étranger, éprouve t-on un manque de la LFB ?
Bien sûr. Le principal manque, ce sont les différents événements que l'on a en France tout au long de l'année : Marraines de Coeur par exemple, ou bien ce genre de soirées qui permettent de nous retrouver. Il y a aussi l'Open LFB qui permet de rencontrer toutes les équipes et de se voir le temps d'un week-end. Le LFB ce n'est pas juste un championnat, ce sont aussi toutes ces petites choses qui font ce qu'elle est.

Quelle vision de la Ligue Féminine ont les joueuses étrangères avec lesquelles vous avez pu échanger ?
Ce qui ressort à chaque fois, c'est la dureté des matches, mais aussi des entraînements. On s'entraîne davantage en France qu'ailleurs. Le niveau de formation de nos jeunes françaises est aussi très souvent mis en avant par les joueuses étrangères. Je pense que c'est pour toutes ces raisons aussi, que des françaises mais aussi des étrangères, font pratiquement toute leur carrière en Ligue Féminine.

05/06/2018 - Propos recueillis par Kévin Bosi (FFBB)
 


La Ligue Féminine a aussi servi de tremplin à quelques-unes des meilleures joueuses françaises qui ont intégré ensuite des clubs européens au standing sportif élevé et plus rémunérateurs.

Recrutée à dix-huit ans par Valenciennes, Sandrine Gruda y demeura deux saisons, le temps de cumuler deux titres de MVP française et de MVP Espoir. Ensuite, la jeune femme aux dents longues n’hésita pas à rejoindre Ekaterinbourg située sur le pan asiatique de l’Oural où elle retrouva son entraîneur à l’USVO, Laurent Buffard. Rien à voir avec la luxuriante Martinique de son enfance. Elle confia y vivre dans sa bulle hermétique même si Ekat’ n’est pas aussi paumée qu’on pourrait le croire.
« J’ai mon appartement à dix minutes du centre-ville. Ekaterinbourg est une très grande ville, en travaux, en plein développement, qui sera à l’avenir l’une des villes les plus belles de Russie. La vie est très chère là-bas. Il y a beaucoup de magasins comme Louis Vuitton, Chanel, Gucci. Je sais que l’on n’imagine pas ça ! » 
C’est à Ekaterinbourg que Sandrine parvint au statut d’étoile mondiale, remportant deux Euroligue et pas moins de six titres de championne de Russie. Elle eut un temps comme équipière Caroline Aubert pour quelques semaines et Céline Dumerc pour deux saisons. Plus récemment, c’est l’Eldorado turc qui l’a séduite, Fenerbahçe pour commencer puis Yakin Dogu Üniversitesi après un court retour au pays à l’ASVEL.

L’autre Française qui a connu la gloire en Russie, c’est Edwige Lawson-Wade avec notamment un trophée d’Euroligue avec le CSKA Samara. Nous y reviendrons dans un autre épisode. Mais en fait la pionnière à UMMC Ekaterinbourg, ce fut Audrey Sauret dont le nom fut intimement lié à l’aventure valenciennoise. L’actuel manager général de Charleville-Mézières en Pro B a ensuite passé six saisons en Italie, à Tarente, Schio et Parme.

L’Italie, destination privilégiée

Membre comme Audrey Sauret des fameuses « Filles en Or » Championnes d’Europe en 2001, Sandra Dijon a choisi l’Espagne (Puig d’en Valls) et, plus exotique, la Lettonie (Cesis) comme destinations européennes.
« J’ai un appartement totalement meublé, tout confort, avec deux chambres puisqu’il était initialement prévu que mon mari et mon fils viennent en Lettonie avec moi. Ils ne sont pas venus », nous confiait-elle alors, évoquant son fils Melvyn Govendy qui allait grandir jusqu’à 2,14m ! « Mon mari a un boulot qui lui plaît en France et ce n’est pas facile pour un homme d’être le mari d’une joueuse professionnelle. Il a envie de s’assumer tout seul. Il n’y avait pas d’école française pour mon fils sinon à Riga qui est à une heure de route. Moi, j’ai un lit fait sur mesure. »

Egalement sacrée Championne d’Europe au Mans en 2001, Sandra Le Dréan s’installa à Prague pour de bon puisqu’elle y rencontra l’homme de sa vie, médecin du club et chirurgien. Mais c’est bien à Valenciennes et avec ses copines de l’USVO qu’elle fêta son jubilé en 2010.

L’Italie est une destination privilégiée des internationales françaises. Elodie Godin y gagna avec Tarento et Schio quatre titres nationaux, deux coupes et une SuperCoupe. Sa science du rebond, sa hargne, son shoot au post y furent très appréciées.

L’Italie et Schio, c’est l’actuel club d'Isabelle Yacoubou après y avoir déjà séjourné lors de la saison 2010-11 mais entre-temps Baby Shaq a roulé sa bosse : en Espagne (à Valence avec qui elle gagna l’Euroligue en 2012), en Russie (Spartak Moscou), en Turquie (Fenerbahçe) et même… en Chine, au Heilongjiang Chenneng. L’Aventure avec un A. « Ce que je retiens, c’est qu’au niveau humain, cela a été la plus belle expérience que j’ai vécue avec une équipe. C’est un peu bizarre au début. Quand tu arrives, tout le monde est assez fermé. Mais au bout de deux semaines avec moi, les filles se sont ouvertes et cela a été un échange incroyable. Même si j’étais l’étrangère, que j’avais ma suite et que je pouvais faire ce que je voulais, j’ai essayé comme toujours de m’intégrer, de manger comme elles et avec elles. »

Koursk pour Endy Miyem et Héléna Ciak

A Schio, Isabelle Yacoubou fait équipe avec Endy Miyem sous les ordres de Pierre Vincent qui les emmena au titre de Championnes d’Europe avec les Bleues en 2009. Endy avait choisi auparavant de transiter par Koursk, un autre club russe fortuné. Quand on lui demandait les raisons de son choix de s’expatrier, la Berruyère répondait : « Déjà avoir un peu mieux financièrement car c’est compliqué pour Bourges de pouvoir s’aligner sur certains clubs européens. Surtout comme joueuse française, ça reviendrait assez cher au club. Malgré les moyens que l’on a à Bourges, qui sont inférieurs à certaines équipes européennes, ça ne nous a pas empêché de faire de bons résultats ces dernières années. On va dire qu’il y a des endroits où, du fait de tout l’argent qu’ils mettent, ils ont peut-être davantage d’obligations d’aller plus loin encore. »

A Koursk, Endy Miyem a passé le relais à une autre Française, Héléna Ciak. Et le pivot de l’Équipe de France ne peut que se féliciter de son choix puisqu’un titre de champion d’Europe est venue couronner une saison 2016-17 de la renaissance.
« Quand j’ai su que c’était le coach Lucas Mondelo qui était là-bas, je me suis dit que c’était un projet vraiment intéressant. C’est un style de jeu qui est un peu plus libéré. Je ne me suis pas posée de question, j’ai déroulé. Au fur et à mesure des matches, j’ai pris plaisir et je me suis rendu compte que je jouais mieux comme ça. Je ne dirai pas que c’était pour moi une « délivrance » car ça serait un trop gros mot mais j’ai repris du plaisir à jouer. J’ai pris ça comme une expérience, j’ai tout lâché, j’ai profité. C’est une chance qui n’est pas donnée à tout le monde. »

23/02/2018 - Texte : Pascal Legendre - Visuel : Chloé Bérard
 


Euroligue féminine
 
Mercredi 26 novembre à 20h30
Bourges - Kayseri (TUR) en direct sur Sport+
Battues à Orenburg la semaine dernière, les partenaires de Céline Dumerc voudront se relancer. L'équipe de Kayseri s'appuye sur deux internationales à l'intérieur : la Turque Lara Sanders et l'Espagnole Laura Nicholls. Cette rencontre sera également l'occasion de revoir Lucie Bouthors en France. L'ancienne joueuse de Calais et Reims, passée par le CFBB, évolue en Turquie depuis 2009.

Lattes Montpellier est exempt.

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Eurocoupe féminine
 
Mercredi 26 novembre à 18h30 (match en retard)
Aluinvent Miskolc (HUN) - Charleville-Mézières
En déplacement chez la lanterne rouge du groupe, la formation ardennaise se doit de revenir avec la victoire. Romuald Yernaux comptera beaucoup sur Ana Cata-Chitiga qui monte en puissance ces dernières semaines.
 
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26/11/2014 - Arnaud Dunikowski (LFB)

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