Valérie Garnier
 


La saison de Ligue Féminine est terminée (ndlr, défaite en quarts de finale contre Tarbes avec son équipe de Villeneuve d’Ascq) et l’été approche désormais. Comment vous sentez-vous à l’issue du championnat ?
Je n’arrive pas trop à qualifier la sensation que j’éprouve. Nous sommes désormais en vacances, et c’est vraiment une période que j’attendais avec impatience. Je me sens bien de voir la saison se terminer. C’était une année très compliquée, et cela fait du bien qu’elle s’achève. Ça a été difficile à la fois collectivement et individuellement. Avec l’ESBVA, on avait fait un très bon début de saison et derrière ça a été de pire en pire, avec les blessures de plusieurs joueuses, les défaites… Individuellement, j’ai réalisé la pire saison de ma carrière. J’étais vraiment dans le dur tout au long de l’année, ça a été particulièrement difficile pour moi.

Vous avez contacté Valérie Garnier (entraîneur de l’Équipe de France féminine) il y a quelques temps afin de parler de cette situation. Pouvez-vous revenir sur cet échange ?
En effet, j’ai appelé Valérie Garnier il y a plusieurs semaines pour lui dire que j’avais pris la décision de vouloir faire une pause cet été en Équipe de France. Elle l’a très bien compris et a été très compréhensive. Elle m’a dit qu’elle préférait me voir à 100%, déterminée et apte à venir, plutôt que dans ma situation actuelle. Pour moi, c’était compliqué de me projeter en bleu cet été. C’est un ensemble d’éléments qui ont fait qu’aujourd’hui j’ai pris cette décision.

On imagine que ce n’est pas un choix évident, surtout quand on connaît votre attachement à l’Équipe de France…
Sincèrement, ça a été très compliqué. J’ai pris le temps. J’ai hésité. Je voulais vraiment que ce soit quelque chose de réfléchi, de longuement mûri pour ne pas avoir pas de regret. J’ai attendu d’aller un peu mieux avant de prendre cette décision. Il faut que j’arrive à couper, à faire un break. Je dois me retrouver, me recentrer sur moi-même pour me reconstruire. Depuis 2005 et l’Équipe de France cadettes, je n’ai pas manqué une seule préparation, pas une seule campagne hormis celle de 2011 lorsque j’étais blessée. J’ai envie d’être aussi bien physiquement que mentalement pour m’investir pour l’Équipe de France. Quand je fais des choses, j’ai envie de les faire de la meilleure des façons. Et ce n’était pas le cas cet été.

Cette pause concerne uniquement cette campagne estivale de l’Équipe de France féminine. Elle ne remet pas en cause votre futur en bleu ?
Non pas du tout. Mon message a été clair avec Valérie Garnier. C’est un break, uniquement pour l’été 2018. Ce n’est pas un arrêt. Il y a des échéances très alléchantes à aller chercher ensuite, que ce soit les matches de qualification en novembre prochain, puis ensuite l’Euro 2019 qui qualifie aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Après, je ne suis pas sélectionneur. Je ne sais pas si le staff me rappellera. Dans tous les cas, je resterai disponible durant ma saison avec Lattes-Montpellier (ndlr, son futur club à compter de la saison prochaine) pour montrer que je suis bel et bien là, et prête à répondre présente.

 Valérie Garnier : « Nous en avons parlé, je respecte parfaitement sa décision »
Valérie Garnier, entraîneur de l’Équipe de France féminine : « Je respecte parfaitement la décision de Marielle Amant de faire une pause cet été avec l’Équipe de France. Nous en avons parlé ensemble, et au vu de son investissement pour la sélection nationale depuis de très nombreuses années, je ne pouvais être que compréhensive et à l’écoute de son choix et de sa situation actuelle. Faire partie de l’Équipe de France, c’est être investi à 100%, mentalement et physiquement. Et elle n’était pas prête à cela cette année »

07/06/2018 - Propos recueillis par Kévin Bosi (FFBB)
 


Débarquée en Turquie fin mars, l'entraîneur des Bleues Valérie Garnier a réussi son pari. Alors que Fenerbahçe n'était pas au mieux en championnat et avait été sorti en quarts de finale de l'Euroligue, le club stambouliote a réagi et a terminé la saison sur les chapeaux de roue. Après avoir éliminé Besiktas en quart puis Hatay en demi-finale du championnat turc, les joueuses de Valérie Garnier ont réussi l'exploit de vaincre l'ogre Yakin Dogu en finale (3-1), club où évolue d'ailleurs l'intérieure tricolore Sandrine Gruda. Fenerbahçe remporte ainsi le 13ème titre de champion de son histoire.

 

22/05/2018 - Kévin Bosi (FFBB)
 


Libre depuis la fin de saison dernière, Valérie Garnier devient donc le nouvel entraîneur du club de Fenerbahçe, en remplacement de Firat Okul. Fenerbahçe fait partie des tous meilleurs clubs d’Europe : présent six fois de rang au Final Four de l’Euroligue entre 2012 et 2017, 12 fois champion de Turquie et 11 fois vainqueur de la Coupe de Turquie.

Retrouvez une interview exclusive de Valérie Garnier, qui livre ses impressions quelques instants avant de décoller pour la Turquie

Valérie Garnier, née le 9 janvier 1965 à Cholet
Parcours d’entraîneur en club
1995-2002 : Carqueiranne
2002-2005 : Lattes-Montpellier
2005-2008 : Le-Temple-sur-Lot (NF1)
2008-2011 : Toulouse (NF1 puis LFB)
2011-2017 : Bourges (LFB)
2018-… : Fenerbahçe (Turquie)

Palmarès d’entraîneur en club
Coupe de France 2017 et 2014, Eurocoupe 2016, Championne de France LFB en 2015, 2013 et 2012, Match des Champions LFB en 2015 et 2014

Parcours d’entraîneur en Équipe de France
2004-2006 : Assistante Équipe de France féminine
2012-2013 : Assistante Équipe de France féminine
2014-… : Équipe de France féminine

Palmarès d’entraîneur en Équipe de France
Argent à l’Euro 2017 et 2015, Argent à l’Euro 2013 et aux JO 2012 (Assistante)

Jean-Pierre Siutat, Président de la Fédération Française de BasketBall : « Je suis très heureux pour Valérie Garnier. Elle rejoint un club historique, prestigieux, à la hauteur de ses compétences et de son professionnalisme. Quand elle m’a appelé pour échanger sur le sujet, j’ai immédiatement donné mon accord de principe pour qu’elle rejoigne ce projet ambitieux compatible avec notre projet autour de l’Équipe de France féminine. Elle va découvrir de nouvelles structures, un nouveau championnat, et je suis convaincu qu’elle réussira dans ce nouveau challenge qui pourra également être un plus pour l’Équipe de France féminine, dont elle reste bien entendu l’entraîneur ».

Jacques Commères, Directeur de la Performance et des Équipes de France : « Tout d’abord, je tiens à souhaiter à Valérie Garnier la plus grande réussite avec son nouveau club. C’est une grande fierté pour le basket français de voir que des entraîneurs tricolores peuvent exporter leur talent au sein des plus grands clubs d’Europe. Nos joueuses et joueurs français font partie des meilleures équipes européennes, et le fait que des techniciens soient également engagés dans ces clubs démontre toute la qualité de notre formation de cadres ».

 

28/03/2018 - Kévin Bosi (FFBB)
 


Vous rejoignez donc le club de Fenerbahçe en Turquie. Comment votre signature dans ce club s’est-elle déroulée ?
J’ai reçu un coup de téléphone de mon agent samedi, tard dans la soirée. La question était de savoir si j’étais intéressée de partir là-bas pour le mois et demi de championnat qu’il restait. J’ai répondu que je l’étais, à la seule condition de pouvoir continuer le travail la saison prochaine. Les négociations ont commencé. J’en ai ensuite discuté avec Jean-Pierre Siutat, pour savoir si cela était possible vis-à-vis de la Fédération, étant donné que l’Équipe de France reste ma priorité. Il m’a donné son accord, et nous avons conclu le contrat avec Fenerbahçe mercredi soir.

Avez-vous hésité à rejoindre un club de cette envergure ?
On ne réfléchit pas très longtemps lorsqu’un grand club comme Fenerbahçe vous sollicite. Ce qui était important pour moi, c’était de poursuivre la saison prochaine également, et à partir du moment où ils se sont montrés d’accord, on ne réfléchit pas. Fenerbahçe est l’une des plus grosses écuries européennes, un club qui est très souvent au rendez-vous. Je suis très contente de cette opportunité qui est rare pour un entraîneur français, je l’apprécie vraiment à sa juste valeur.

Le fait d’aller entraîner une équipe à l’étranger faisait-il partie de vos projets ?
Oui, c’était quelque chose qui me trottait dans la tête depuis quelques temps. C’est une nouvelle expérience. J’ai eu la chance de vivre six saisons au Bourges Basket, ça a été quelque chose de très fort dans ma carrière. J’ai aussi la chance d’être à la tête de l’Équipe de France. Et aujourd’hui, je trouvais que partir à l’étranger était intéressant pour notamment sortir de ma zone de confort et travailler au contact de joueuses étrangères, d’être immergée dans une autre approche de notre sport et dans une autre culture également. J’ai aussi la chance que cela se fasse à Fenerbahçe, un club omnisports qui a aussi une équipe masculine de basket de très haut-niveau qui joue l’Euroligue, coachée par l’immense Zeljko Obradovic au palmarès immense.

Vous rejoignez également un club avec des supporters très présents et très exigeants…
On connaît tous la ferveur du peuple turc et des supporters de Fenerbahçe notamment. J’espère qu’ils me réserveront le meilleur accueil possible. C’est un public très exigeant, qui veut des résultats. Il y aura forcément beaucoup d’émotion lors du premier match. J’ai hâte d’y être.

Comment Jean-Pierre Siutat (Président de la Fédération Française de BasketBall) a accueilli cette nouvelle lorsque vous avez échangé avec lui ?
Il a été très favorable bien évidemment. Il m’a dit que c’était une opportunité incroyable pour moi d’aller entraîner une équipe à l’étranger. Je le remercie, ainsi que la Fédération, de me faire confiance et de me permettre de rejoindre Fenerbahçe. Ma priorité dans les négociations avec mon nouveau club a été d’avoir un contrat qui me libère lors des rassemblements en Équipe de France (ndlr, pour la Coupe du Monde 2018 fin septembre en Espagne et pour les matches de qualification à l’Euro 2019 en novembre 2018).

28/03/2018 - Propos recueillis par Kévin Bosi (FFBB)
 


De nombreux coaches ont marqué les 20 ans de Ligue Féminine. Le choix d’en mettre quelques un en avant est difficile. Voici une sélection de sept entraîneurs dont deux femmes.

En 1993, le CJM Bourges embaucha Vadim Kapranov, médaillé comme joueur aux Jeux de Mexico en 1968, ancien coach du CSKA Moscou, assistant avec l’équipe nationale féminine de l’URSS, champion de France avec Challes-les-Eaux et accessoirement ex-colonel de l’armée soviétique. Ce n’était pas un sentimental, mais il fit passer les Berruyères dans la troisième dimension, leur faisant prendre conscience de leur potentiel.
« Il comprenait que t’entraîner comme des bourrins ce n’est pas toujours ce qu’il y a de mieux et que de temps en temps il vaut mieux avoir un peu faim du ballon que d’être en surentraînement et de venir psychologiquement à reculons », témoigna sa capitaine, Yannick Souvré qui ajouta que Vadim Kapranov avait appris beaucoup de choses sur la psychologie féminine par le biais de sa femme, une ancienne championne de patinage artistique.
Vadim Kapranov a marqué le basket féminin français, ses joueuses mais si Bourges gagna l’Euroleague en 1997 et 98 beaucoup grâce à lui, il ne fit pas partie du déplacement à Larissa où les Tango furent couronnées une première fois. Quelques heures avant le départ en Grèce, il avait appris le décès de sa fille unique dans un accident de voiture.

Valérie Garnier et Corinne Benintendi au milieu des hommes

Club dominant en France et en Europe –il participe sans discontinuer à l’Euoleague depuis la saison 1995-96-, Bourges a bénéficié de deux autres figures marquantes du coaching.
Pierre Vincent était inconnu du circuit professionnel quand il est arrivé en 2003. Il avait néanmoins acquis une certaine célébrité en coachant les juniors champions d’Europe trois ans auparavant, la fameuse génération Tony Parker-Boris Diaw. C’est Alain Jardel, alors coach des « Filles en Or », qui avait fourni ses coordonnées à Pierre Fosset. Le président berruyer était descendu sur Toulouse pour le rencontrer, discuter, et l’engagement c’était fait au feeling.
« A part d’être un excellent coach, c’est un psychologue », confiait Emmeline Ndongue qui a passé du temps avec lui en club et en équipe nationale. « Il essaye de connaître le caractère de chacune afin de pouvoir réagir en fonction de ça. Il est dans la douceur, le calme, le respect d’autrui, l’explication. Si ça ne va pas, il ne va pas pousser une gueulante, pas besoin, il va juste parler un peu plus fort que d’habitude et ça va calmer tout le monde. Il sait faire la part des choses entre ce qui se passe à l’entraînement et à l’extérieur. En déplacement, on joue aux cartes avec lui. C’est juste quelqu’un d’humain. »
Le palmarès de Pierre Vincent à Bourges en 8 saisons est édifiant : 320 victoires/89 défaites (78,2%), 4 fois Champion de France, 5 Coupe de France, 3 Tournoi de la Fédération, 2 participations au Final Four de l’EuroLeague.
Ce n’est donc pas d’une succession facile dont hérita Valérie Garnier, à Bourges comme en équipe nationale. Valérie Garnier, qui est originaire des Mauges et qui eut comme copain d’enfance Eric Girard, l’actuel coach du Portel. Un entraîneur a beaucoup compté dans sa vie, c’est Alain Jardel, qui la guida à Mirande avant d’en faire son assistante avec les Bleues.
« C’est la rencontre qui fait peut-être que je suis là aujourd’hui. Lorsque je suis arrivée, je savais marquer des points mais je n’avais pas la connaissance technique, tactique, qu’Alain m’a donnée. J’ai eu beaucoup d’échanges avec lui. »
Il n’a échappé à personne que peu de femmes sont devenues coach principale en Ligue Féminine.
« Il y a deux raisons pour expliquer ce phénomène. Premièrement, nous sommes dans un pays où les présidents ont davantage l’habitude de prendre des coaches masculins. Deuxièmement, il y a moins de femmes qui ont envie de faire ce métier », disait-elle récemment sur le sujet.
L’autre figure féminine marquante de ces 20 ans, c’est Corinne Benintendi, qui fut la meneuse de Challes-les-Eaux puis son entraîneur de 1998 à 2009 tout en étant conseillère municipale de la ville.
« J’ai eu un parcours assez atypique », commenta t-elle alors qu’elle venait d’être élue meilleure Joueuse Française de la saison, en 1996 à 33 ans. « J’ai toujours travaillé en dehors du basket jusqu’au moment où je suis passée pro il y a deux ans. J’ai été prof de gym puis dans l’immobilier et dans la communication pour Challes avec Roger Caille (NDLR : alors le PDG de Jet Services) et Alain Gilles. »

Au même régime que les garçons

Pas mal de coaches de LFB sont issus du secteur professionnel masculin. C’est le cas de Laurent Buffard, Abdou Ndiaye et Hervé Coudray.
Comme Valérie Garnier, Laurent Buffard est natif des Mauges et a longtemps été associé à Cholet Basket comme assistant puis coach en chef. Sa venue à Valenciennes a formidablement boosté l’USVO qui a remporté deux fois l’Euroleague et mis à mal la suprématie berruyère. Quant à Abdou Ndiaye, il fut une sommité du basket africain dont il fut élu deux fois le meilleur joueur, en 1973 et 74. Il fut surnommé « Adidas » par ses copains d’enfance tout simplement parce qu’il fut le premier à porter des chaussures de la célèbre marque. Les deux coaches ont reproduit avec les filles les mêmes préceptes qu’avec les garçons.
« C’est vrai que j’avais l’impression au début qu’il n’y avait pas de rythme, que c’était lent. Je crois que la vitesse dans le sport moderne, c’est ça qui fait la différence », disait Laurent Buffard du temps de l’USVO. « Des joueuses comme Audrey Sauret, Allison Feaster, Sandra Le Dréan, ce sont des baraques et elles ne demandent qu’à jouer dans ce registre-là. Tu n’as peut-être pas la même dimension physique, ça joue plus au sol, c’est plus collectif, tu t’exprimes plus en tant qu’entraîneur, mais finalement on joue comme le basket masculin. »
Des propos que reprend aujourd’hui avec quelques nuances Hervé Coudray, qui est retourné en Pro B masculine, au Caen BC, après un long séjour à l’USO Mondeville.
« De temps en temps, elles obéissent de trop et elles manquent un peu de spontanéité dans ce qui pourrait être un surplus d’agressivité. Quand on a gagné leur confiance, c’est sûr que vous pouvez aller plus loin mais ça peut être aussi négatif dans l’idée qu’elles sont trop respectueuses de votre collectif alors qu’elles pourraient prendre des initiatives individuelles. »

24/10/2017 - Pascal Legendre

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