Arras
 


Les clubs français et les coupes d’Europe, c’est une histoire d’amour où l’on retrouve en fil rouge les Tango de Bourges.

Après le Clermont Université Club, cinq fois finaliste de la Coupe des Clubs Champions (C1) dans les années 70, les clubs français ont connu une traversée du désert avant de s’exposer de nouveau à la lumière à partir des années 90. Challes-les-Eaux entra dans l’histoire en 1993 en participant au Final Four de ce qui deviendra l’Euroligue, mais c’est Bourges qui fut le véritable club pionnier en remportant tout d’abord la Coupe Ronchetti (C2) puis trois fois l’Euroligue (1997,1998 et 2001).
Lorsque le CJM Bourges gagna sa première coupe d’Europe, c’était déjà un club de pointe avec 5MF de budget pour l’équipe pro, 125 entreprises partenaires, 2 400 spectateurs en moyenne, huit joueuses et deux entraîneurs pros et une secrétaire à temps partiel. Le président Pierre Fosset avait réuni quelques étoiles dont le coach russe Vadim Kapranov, sa compatriote Elena Koudashova, la Slovaque Anna Kotocova et les Françaises Yannick Souvré, Odile Santaniello, Amy Cissé, Martine Campi bientôt rejointes par Cathy Melain et Isabelle Fijalkowski.
C’est avec un noyau dur d’internationales françaises, y compris Anna Kotocova qui se verra délivrer plus tard le passeport national, que Bourges passa la vitesse supérieure et devient trois fois la meilleure équipe d’Europe. L’édition de 1998 fut particulièrement mémorable puisque le Final Four se tint au Prado de Bourges. En finale, les Tango repoussèrent le Getafe Madrid 76-64 avec 21 points de Odile Santaniello et autant de la Tchèque Eva Nemcova.
« Oui, on est très fortes psychologiquement mais on ne fait rien de particulier pour ça, » confia Yannick Souvré devenue le symbole du basket féminin français qui gagne. « C’est le mystère Kapranov. Il dit peu de choses mais quand il les dit, ça prend une telle ampleur… De nature une femme n’a pas confiance en elle, j’en sais quelque chose. Mais Vadim m’a toujours fait croire que j’étais meilleure que la fille d’en face. »

Deux clubs français en finale de l’Euroligue

2001 fut une année magique pour le basket féminin français. Les « Filles en Or » furent sacrées championnes d’Europe au Mans et, quelques semaines auparavant, deux clubs français s’étaient retrouvés en finale de l’Euroligue, à Messine, en Sicile. Un exploit unique. Cela devait marquer le passage du témoin entre Bourges et Valenciennes. Seulement, ce sont les Berruyères qui réalisèrent le triplé après une victoire sur le fil sur un layup de Cathy Melain, 73-71. La seule défaite de l’USVO de la saison. Yannick Souvré remporta ainsi un nouveau trophée et une invitation à « Tout le monde en parle » de Thierry Ardisson, preuve que les succès des basketteuses ne passaient pas inaperçus.
Une ère se terminait, une autre s’ouvrait, celle de Valenciennes. C’est à Liévin, en terre nordiste et devant ses supporters inconditionnels, que l’USVO remporta la première de ses deux Euroligue avec une véritable Dream Team : Ann Wauters, Allison Feaster, Isabelle Fijalkowski, Audrey Sauret, Edwige Lawson, Sandra Le Dréan, Nathalie Lesdema, qui était aussi selon son coach Laurent Buffard « un groupe de filles formidables ».
Le banc de l’USVO était si riche que l’on y trouvait tout au bout une véritable légende du basket mondial, Teresa Edwards, cinq fois médaillée olympique (dont quatre fois en or) et à 37 ans au soir de sa carrière. « Il y a eu un respect mutuel. Ces filles-là sont douées, elles jouaient bien avant que j’arrive et je n’étais pas là pour leur rendre la tâche difficile ni pour leur enseigner quoique ce soit parce qu’elles avaient déjà bien travaillé », commenta l’étoile américaine avec beaucoup d’humilité.

Après Valenciennes, Ann Wauters se met au service de Villeneuve d’Ascq

La C2, que l’on appela Coupe Ronchetti puis Eurocoupe à partir de 2002, a également plusieurs fois souri aux clubs français. Après Bourges en 1995, Tarbes la remporta l’année suivante, puis ce fut au tour de Aix-en-Provence en 2003, lequel tomba en finale trois ans plus tard comme Arras en 2011.
Le passé récent nous a offert de nouvelles belles émotions. C’est face au club belge des Castors de Braine et dans l’atmosphère de kermesse de Charleroi que Villeneuve d’Ascq remporta cette Eurocoupe en 2015.
La présence de Ann Wauters au centre de son dispositif fut déterminante. La légende belge apporta sa taille, sa technique, son expérience et sa sérénité. Le fait d’être huée par ses compatriotes tout au long du match retour ne la troubla pas le moins du monde. Alors que les Villeneuvoises avaient perdu 64-68 dans leur fief, elles balayèrent les Belges au retour, 73-53. Les Guerrières avaient sorti leurs griffes le jour J.
« Il y avait trois facteurs : émotion, engagement, stratégie », commenta Frédéric Dussart, coach de l’ESBVA-LM et prof d’EPS à mi-temps. « Pour la stratégie, j’ai proposé des choses qui ont été validées ou modifiées par les filles, un managérat participatif, comme Claude Onesta au hand. Pour l’engagement, on a ressorti des phrases du match aller où les Belges disaient qu’elles avaient gagné sur le fighting spirit, ce qui fait mal d’entendre ça. Pour l’émotion, on a dit qu’à 12 contre 6 000, il fallait garder le visage fermé, zéro émotion. »
Villeneuve d’Ascq ne put réaliser le doublé. L’année suivante, les Nordistes furent vaincues en finale par Bourges, les deux clubs étant écartés de la phase finale de l’Euroligue. Quinze ans après Messine, deux clubs français s’étaient retrouvés de nouveau ensemble sur une cime européenne.

18/04/2018 - Texte : Pascal Legendre - Visuel : Chloé Bérard
 


Dans l’histoire de la Ligue Féminine, le Nord-Pas-de-Calais est incontestablement la région numéro 1 de par la quantité et la qualité de ses clubs.

C’est chez lui, à Liévin, à la fin avril 2002 qu’eut lieu l’apothéose du basket nordiste avec le triomphe de Valenciennes alias l’USVO au Final Four de l’Euroligue. 4 500 spectateurs enfiévrés poussèrent les filles de Laurent Buffard à croquer les Slovaques de Ruzomberok en demi-finale (+48) et à batailler pour repousser les Polonaises de Gdynia (+6) en finale.
L’USVO était alors une sorte de Dream Team avec cinq internationales française de haut rang (Isabelle Fijalkowski, Edwige Lawson, Sandra Le Dréan, Nathalie Lesdema et Audrey Sauret), la Belge Ann Wauters, 22 ans, la Hongroise Timea Beres et les Américaines Allison Feaster et comme neuvième joueuse Teresa Edwards, quatre fois championne olympique et venue décrocher un dernier trophée la quarantaine approchant.
« Par rapport à l’équipe qu’on avait sur le papier, on se devait d’obtenir des résultats. Toute l’année, tout le monde a été plus ou moins critiqué, chacune à son tour, on s’est remis en question », faisait remarquer Audrey Sauret.
Oubliée la suprématie de Bourges constatée un an auparavant lorsque les équipières de Yannick Souvré avaient soufflé sur le fil la victoire en Euroligue à celles d’Audrey Sauret. En sept ans, l’USVO allait gagner 6 titres de Champion de France, remporter deux Euroligue (2002 et 2004) et participer à deux autres finales (2001 et 2003).
Le vieux rêve du président de l’US Orchies, Robert Leroux, l’un des deux frères à la tête de l’entreprise de chicorée éponyme et de Marc Silvert, sa cheville ouvrière était réalisé alors qu’il n’était plus au club. Car c’est bien d’Orchies que tout est parti, du plus bas niveau jusqu’à un titre national en 1994 et en enrôlant des figures européennes comme la Lettone Ouliana Semenova, la Polonaise Malgorzata Dydek et la Belge Ann Wauters que Marc Silvert alla chercher en Flandres, à Osiris Aalst, alors qu’elle avait à peine dix-huit ans.

Saint-Amand, l’héritier de Valenciennes
Nous étions en 2007-08 quand le Nord-Pas-de-Calais battait un record remarquable avec pas moins de cinq clubs (Arras, Calais, Saint-Amand-les-Eaux, Valenciennes et Villeneuve d’Ascq) en Ligue Féminine. Une preuve de la vitalité du basket local sachant que Roubaix (2003-04) et Armentières (2009-10) sont apparus furtivement parmi l’élite.
La fin de l’épopée, la fusion-absorption avec Saint-Amand, personne ne l’a vu venir. La responsabilité de ce chamboulement est venue directement des hautes sphères politiques locales. Une sorte de Yalta eut lieu en coulisses. A Valenciennes, le foot. A Saint-Amand le basket.
« Ce fut brutal. Mais il n’y avait pas de bons moments pour annoncer ça. Six mois ou un an plus tôt, cela n’aurait pas été idéal pour la sérénité. Sur le fond, je pense que les gens comprennent que c’était la bonne décision », disait le président de la nouvelle entité René Carpentier.
Dix ans plus tard, Saint-Amand Hainaut Basket, sans avoir le prestige de l’USVO, est toujours fidèle au poste de la Ligue Féminine.

Villeneuve d’Ascq dix ans après l’USVO
Ce sont deux autres clubs qui ont porté au sommet européen les couleurs des Hauts-de-France. Tout d’abord Arras Pays d’Artois Basket Féminin, finaliste de l’Eurocoupe en 2011. A l’aller de cette finale, en Israël, les Arrageoises croyaient avoir fait le plus dur en réussissant le nul (61-61) face à Elitzur Ramla mais elles se firent malmener au retour (61-53). Sans doute trop d’attente, trop de pression.
« On était chez nous, un public en folie, toutes les conditions étaient réunies, et on n’y arrive pas. On perd peut-être la finale là-bas lorsqu’on a douze points d’avance. Elles viennent ici, elles y croient. C’est finalement une finale qui s’est jouée en un match », constata Johanne Gomis.
Laquelle Johanne Gomis pris sa revanche dans la même compétition avec Villeneuve d’Ascq et face aux Castors de Braine, en 2015. A l’inverse, les Nordistes étaient mal parties après le match aller à domicile (64-68) mais renversèrent la table au retour (73-53) dans une salle de Charleroi remplie de plus de 6 000 fans acquis très majoritairement à la cause des Belges.
« Ce titre vient récompenser un travail qui ne date pas d’hier », commenta le président Carmelo Scarna. « Je suis arrivé il y a neuf saisons, en 2012, Fred Dusart a pris les rênes, un manager s’est installé (Valentin Cavelier, qui était à Roanne lors du titre de 2007). On a réussi à monter une équipe qui gagnait une ou deux places chaque année. »
Et l’épopée de l’ESBVA-LM n’était pas terminée. Dans la foulée, les Villeneuvoises disputaient leur première finale de Ligue Féminine face à Bourges. Perdue. Puis une autre finale de l’Eurocoupe. Encore perdue et toujours contre Bourges. C’est la saison dernière et cette fois face à Lattes Montpellier en finale des playoffs que Villeneuve d’Ascq obtenait son premier titre de Champion de France, dix ans exactement après le dernier sacre de l’USVO et du basket nordiste.

14/11/2017 - Texte : Pascal Legendre
 


Les affiches de ce tour seront le déplacement du leader Bourges qui défiera Basket Landes dans sa salle et le duel entre les deux équipes surprises de LFB cette saison Angers et Arras.

Programme des quarts de finale
Samedi 14 février à 20h00
Arras (LFB) - Angers (LFB)
Roche Vendée (LF2) - Lattes-Montpellier (LFB)
Villeneuve d'Ascq (LFB) - Lyon BF (LFB)
Basket Landes (LFB) - Bourges Basket (LFB)

La finale de la Coupe de France féminine aura lieu le samedi 2 mai à Paris, réservez vite vos places

30/01/2015

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