Valenciennes
 


Séquence nostalgie avec un éclairage sur les clubs qui ont fait la gloire de la Ligue Féminine et qui ont depuis cédé leurs places.

Isabelle Fijalkowski, Sandrine Gruda, Edwige Lawson, Sandra Le Dréan, Audrey Sauret, Ann Wauters… La liste des joueuses de renom qui ont porté le maillot de l’Union Sportive Valenciennes Olympic est interminable. Normal, ce club a été deux fois champion d’Europe (2002 et 2004), deux fois finaliste (2001 et 2003) et sept fois champion de France. Le public de l’USVO a été élu deux fois meilleur public de France et la venue du rival berruyer était la garantie de soirées électriques. Valenciennes a disparu du paysage du basket national en étant englouti dans la fusion avec l’Union Saint-Amand Porte du Hainaut pour former l’Union Hainaut Basket. C’était au printemps 2008. Ce sont des supporters qui récupérèrent une partie des trophées qui allaient finir à la poubelle et qui les offrirent à l’ancien coach, Laurent Buffard.

L’ASPTT Aix-en-Provence devenu Pays d’Aix Basket 13 du président Guy Boillon fut longtemps également un pilier de la Ligue Féminine. Le club provençal fut exposé particulièrement par la présence en son sein de 1986 à 1994 d’Odile Santaniello, au total neuf fois MVP française, et par sa victoire en Eurocoupe en 2003 sous la conduite du coach Abdou Ndiaye. C’est en mai 2013 que le club des Bouches-du-Rhône se retira de la Ligue Féminine en demandant sa relégation en LF2 suite notamment à une baisse de 50% da la subvention municipale.

Autre club prestigieux, celui de Challes-les-Eaux Basket, niché dans la banlieue de Chambéry. Ce fut le premier club français a participer au Final Four de l’Euroligue –appelée alors Coupe d’Europe des clubs champions. C’était en 1993. Corinne Benintendi, Frédérique Venturi, Chantal Julien –qui devint ensuite l’une des meilleures arbitres au monde-, Isabelle Fijalkowski, Carole Force et encore les Russes Elena Koudachova et Olga Soukharnova sont passées par la Savoie. Après une première rétrogradation, Challes parvint à rebondir et à revenir en Ligue Féminine pour disparaître de nouveau de l’élite en 2011.

Au cours de son riche parcours, Isabelle Fijalkowski a également fait partie un temps de l’aventure du SCAB 63, un club de Clermont-Ferrand qui a fait perdurer pendant six saisons en LFB la tradition mise en place en ville par l’AS Montferrand et le Clermont Université Club.

Deux autres clubs, du sud-ouest, ont également laissé une trace en Ligue Féminine. Waïti Bordeaux y tint sa place cinq saisons avec des personnalités comme Edwige Lawson, Nicole Antibe, Emmanuelle Hermouët et Marie-Sophie Obama, l’actuelle président de l’ASVEL féminin. Quant au Mourenx Basket Club de coach Valéry Demory, il est devenu célèbre pour avoir attiré 8000 spectateurs au Palais des Sports de Pau, le 12 février 2006, pour le derby contre Tarbes. Un record d’Europe pour du basket féminin en termes d’affluence à cette époque.

08/01/2018 - Texte : Pascal Legendre - Visuel : Chloé Bérard
 


Dans l’histoire de la Ligue Féminine, le Nord-Pas-de-Calais est incontestablement la région numéro 1 de par la quantité et la qualité de ses clubs.

C’est chez lui, à Liévin, à la fin avril 2002 qu’eut lieu l’apothéose du basket nordiste avec le triomphe de Valenciennes alias l’USVO au Final Four de l’Euroligue. 4 500 spectateurs enfiévrés poussèrent les filles de Laurent Buffard à croquer les Slovaques de Ruzomberok en demi-finale (+48) et à batailler pour repousser les Polonaises de Gdynia (+6) en finale.
L’USVO était alors une sorte de Dream Team avec cinq internationales française de haut rang (Isabelle Fijalkowski, Edwige Lawson, Sandra Le Dréan, Nathalie Lesdema et Audrey Sauret), la Belge Ann Wauters, 22 ans, la Hongroise Timea Beres et les Américaines Allison Feaster et comme neuvième joueuse Teresa Edwards, quatre fois championne olympique et venue décrocher un dernier trophée la quarantaine approchant.
« Par rapport à l’équipe qu’on avait sur le papier, on se devait d’obtenir des résultats. Toute l’année, tout le monde a été plus ou moins critiqué, chacune à son tour, on s’est remis en question », faisait remarquer Audrey Sauret.
Oubliée la suprématie de Bourges constatée un an auparavant lorsque les équipières de Yannick Souvré avaient soufflé sur le fil la victoire en Euroligue à celles d’Audrey Sauret. En sept ans, l’USVO allait gagner 6 titres de Champion de France, remporter deux Euroligue (2002 et 2004) et participer à deux autres finales (2001 et 2003).
Le vieux rêve du président de l’US Orchies, Robert Leroux, l’un des deux frères à la tête de l’entreprise de chicorée éponyme et de Marc Silvert, sa cheville ouvrière était réalisé alors qu’il n’était plus au club. Car c’est bien d’Orchies que tout est parti, du plus bas niveau jusqu’à un titre national en 1994 et en enrôlant des figures européennes comme la Lettone Ouliana Semenova, la Polonaise Malgorzata Dydek et la Belge Ann Wauters que Marc Silvert alla chercher en Flandres, à Osiris Aalst, alors qu’elle avait à peine dix-huit ans.

Saint-Amand, l’héritier de Valenciennes
Nous étions en 2007-08 quand le Nord-Pas-de-Calais battait un record remarquable avec pas moins de cinq clubs (Arras, Calais, Saint-Amand-les-Eaux, Valenciennes et Villeneuve d’Ascq) en Ligue Féminine. Une preuve de la vitalité du basket local sachant que Roubaix (2003-04) et Armentières (2009-10) sont apparus furtivement parmi l’élite.
La fin de l’épopée, la fusion-absorption avec Saint-Amand, personne ne l’a vu venir. La responsabilité de ce chamboulement est venue directement des hautes sphères politiques locales. Une sorte de Yalta eut lieu en coulisses. A Valenciennes, le foot. A Saint-Amand le basket.
« Ce fut brutal. Mais il n’y avait pas de bons moments pour annoncer ça. Six mois ou un an plus tôt, cela n’aurait pas été idéal pour la sérénité. Sur le fond, je pense que les gens comprennent que c’était la bonne décision », disait le président de la nouvelle entité René Carpentier.
Dix ans plus tard, Saint-Amand Hainaut Basket, sans avoir le prestige de l’USVO, est toujours fidèle au poste de la Ligue Féminine.

Villeneuve d’Ascq dix ans après l’USVO
Ce sont deux autres clubs qui ont porté au sommet européen les couleurs des Hauts-de-France. Tout d’abord Arras Pays d’Artois Basket Féminin, finaliste de l’Eurocoupe en 2011. A l’aller de cette finale, en Israël, les Arrageoises croyaient avoir fait le plus dur en réussissant le nul (61-61) face à Elitzur Ramla mais elles se firent malmener au retour (61-53). Sans doute trop d’attente, trop de pression.
« On était chez nous, un public en folie, toutes les conditions étaient réunies, et on n’y arrive pas. On perd peut-être la finale là-bas lorsqu’on a douze points d’avance. Elles viennent ici, elles y croient. C’est finalement une finale qui s’est jouée en un match », constata Johanne Gomis.
Laquelle Johanne Gomis pris sa revanche dans la même compétition avec Villeneuve d’Ascq et face aux Castors de Braine, en 2015. A l’inverse, les Nordistes étaient mal parties après le match aller à domicile (64-68) mais renversèrent la table au retour (73-53) dans une salle de Charleroi remplie de plus de 6 000 fans acquis très majoritairement à la cause des Belges.
« Ce titre vient récompenser un travail qui ne date pas d’hier », commenta le président Carmelo Scarna. « Je suis arrivé il y a neuf saisons, en 2012, Fred Dusart a pris les rênes, un manager s’est installé (Valentin Cavelier, qui était à Roanne lors du titre de 2007). On a réussi à monter une équipe qui gagnait une ou deux places chaque année. »
Et l’épopée de l’ESBVA-LM n’était pas terminée. Dans la foulée, les Villeneuvoises disputaient leur première finale de Ligue Féminine face à Bourges. Perdue. Puis une autre finale de l’Eurocoupe. Encore perdue et toujours contre Bourges. C’est la saison dernière et cette fois face à Lattes Montpellier en finale des playoffs que Villeneuve d’Ascq obtenait son premier titre de Champion de France, dix ans exactement après le dernier sacre de l’USVO et du basket nordiste.

14/11/2017 - Texte : Pascal Legendre

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