20 ans LFB
 


Que vous inspire l'anniversaire des 20 ans de la Ligue Féminine ?
Beaucoup de choses, beaucoup de bons souvenirs. Le temps passe vite, cela fait 20 ans que la LFB a été créée. Et en tant que jeune joueuse, j'y ai joué pendant cinq saisons qui sont aussi passées très rapidement. C'est un championnat qui m'a fait grandir, et qui m'a permis de me former en tant que joueuse et en tant que femme.

Vous avez connu votre première expérience à l'étranger cette saison à Galatasaray en Turquie. La LFB vous a t-elle manqué ?
Un petit peu. Ce sont deux championnats différents, d'autres cultures aussi. En Ligue Féminine, il y a des événements marquants notamment l'Open LFB qui permet de rassembler tout le monde pour la première journée de championnat. On retrouve toutes nos amies dans une ambiance familiale, avant de démarrer la saison. 

De Turquie, quelle est la vision qu'ont les joueuses de la Ligue Féminine ?
J'ai parlé avec celles qui y ont joué. Pour la plupart, elles prennent beaucoup de plaisir à jouer en France. Elles savent que c'est un championnat très relevé. Et le fait d'avoir de la compétition chaque week-end avec énormément d'intensité correspond totalement à leurs attentes. 

Quand vous étiez plus jeune, vous veniez dans les gradins de Coubertin assister à l'Open LFB avec vos coéquipières du Paris Basket 18. Quelle image aviez-vous de la LFB ?
L'Open LFB, c'était l'événement ! En étant jeune, assister à des matches de Ligue Féminine, voir des joueuses professionnelles, c'était incroyable ! On ne le manquait jamais. J'en garde d'excellents souvenirs. Le fait de découvrir ce monde du haut-niveau du basket féminin alors que je commençais tout juste le basket, ça m'a marqué.

07/06/2018 - Propos recueillis par Kévin Bosi (FFBB)
 


Que vous évoque les 20 ans de la Ligue Féminine ?
Si je reviens 20 ans en arrière, j'étais très loin d'imaginer un jour évoluer dans cette ligue. On a un championnat qui devient de plus en plus relevé d'années en années, avec 12 équipes avec un niveau vraiment très intéressant. 

Vous avez évolué deux saisons avec Koursk dans le championnat russe. Quelle parallèle pouvez-vous faire entre les deux ligues ?
Le championnat de Russie est un peu plus différent. Il y a trois équipes qui jouent vraiment le haut de tableau, et ensuite le niveau des autres clubs baisse radicalement. Et donc en fonction des week-ends, on a des rencontres plus ou moins intéressantes. En France, on a la chance d'avoir un championnat relevé et des matches serrés chaque semaine. 

Quand on évolue à l'étranger, éprouve t-on un manque de la LFB ?
Bien sûr. Le principal manque, ce sont les différents événements que l'on a en France tout au long de l'année : Marraines de Coeur par exemple, ou bien ce genre de soirées qui permettent de nous retrouver. Il y a aussi l'Open LFB qui permet de rencontrer toutes les équipes et de se voir le temps d'un week-end. Le LFB ce n'est pas juste un championnat, ce sont aussi toutes ces petites choses qui font ce qu'elle est.

Quelle vision de la Ligue Féminine ont les joueuses étrangères avec lesquelles vous avez pu échanger ?
Ce qui ressort à chaque fois, c'est la dureté des matches, mais aussi des entraînements. On s'entraîne davantage en France qu'ailleurs. Le niveau de formation de nos jeunes françaises est aussi très souvent mis en avant par les joueuses étrangères. Je pense que c'est pour toutes ces raisons aussi, que des françaises mais aussi des étrangères, font pratiquement toute leur carrière en Ligue Féminine.

05/06/2018 - Propos recueillis par Kévin Bosi (FFBB)
 


La France est une terre de basket féminin reconnue en Europe et aussi partout dans le monde. La Fédération a toujours souhaité multiplier l’organisation d’épreuves afin de favoriser le destin de ses équipes nationales et aussi développer la médiatisation de notre sport notamment sur le plan télévisuel.

Depuis vingt ans, la France a été riche en organisation d’événements nationaux et internationaux, originaux, variés, souvent solidement implantés dans le paysage de la balle orange, quelque fois éphémères. Il y a bien sûr l’Open LFB dont nous vous avons parlé et aussi les finales de la Coupe de France qui réunissent sur un week-end à l’AccorHôtels Arena de Paris, filles, garçons, jeunes, pros et amateurs. Bourges en a remporté un record de huit éditions sur les deux dernières décennies.

Les étoiles européennes se sont également rassemblées sur le territoire nationale pour un All-Star Game et trois Final Four.
Après Pecs, Valence et Moscou, c’est au Stade Pierre de Coubertin à Paris que fut organisée le 8 mars 2009 -Journée de la Femme- la 4ème édition du All-Star Game européen de la FIBA. Seules les joueuses d’Euroleague étaient sélectionnables. Six de la LFB y furent conviées : Céline Dumerc, Cathy Melain, Alessandra Santos (Bourges), Géraldine Robert (Villeneuve d’Ascq), Sheana Mosch (Lattes Montpellier) et Bernadette Ngoyisa (Hainaut) plus le coach berruyer, Pierre Vincent. Ce sont les internautes qui avaient constitué les 5 Majeurs et un jury d’experts qui avait complété le tableau. La sélection européenne l’emporta 101 à 78 sur le reste du monde notamment grâce à la… Russe Becky Hammon qui avec 24 points fut élue MVP. Mais le clou du spectacle fut le dunk réalisé en plein match par l’Américaine Sylvia Fowles.

Après Bourges en 1998, deux Final Four de l’Euroligue furent organisés en France, l’un à Liévin en 2002 et l’autre de nouveau à Bourges l’année suivante.
L’USVO alias Valenciennes triompha à Liévin. Une heure de route sépare les deux villes. L’Américaine multi-médaillée olympique, Teresa Edwards, eut ce commentaire : « Franchement, quand j’ai vu tous ses supporters, je me suis dit qu’on se devait absolument de l’emporter ! » Ils étaient de fait 4 500 fans de VO dans le Stade Couvert de Liévin qui accompagnèrent les filles de Laurent Buffard jusqu’au titre dans une atmosphère assourdissante.
L’année suivante au Prado de Bourges, Valenciennes échoua en finale face à Ekaterinbourg, 82-84, et la fête fut gâchée pour les Berruyères avec les blessures de Yannick Souvré, Cathy Melain, Luba Drajlaca, Jacqueline Gody et Boba Tuvic. On pouvait se demander si elles n’avaient pas été maraboutées !

Les Filles en or avant les Braqueuses

Le plus grand événement de ces vingt ans sur le territoire a eu lieu en 2001 à Orléans et au Mans lorsque l’Équipe de France fut pour la première fois de son histoire sacrée championne d’Europe. Huit matches autant de victoires avec un succès prestigieux en finale sur la Russie, 73-68. C’est pourquoi cette équipe-là hérita du surnom de « 12 Filles en or ». Le documentaire qui fut tourné à cette occasion par Nicolas De Virieu demeure un collector.

Après sa médaille d’or en 2009 et l’argent olympique en 2012, la génération de Céline Dumerc comptait bien réaliser le triplé en 2013 à Orchies. Le quart de finale face à la Suède fut homérique. Portées par les soeurs Eldebrink, Elin et Frida, les Scandinaves tinrent tête avec bravoure aux Françaises tout le match. Ce sont trois paniers à trois-points de Céline Dumerc qui les sortirent du guêpier. Malheureusement, en finale, l’Équipe de France buta sur son éternelle rivale espagnole, 69-70. En pleurs, Emmeline Ndongue, qui honorait sa dernière sélection en bleu, s’excusa de cet échec : « Là, c’est vraiment difficile. C’est tellement cruel. Je suis désolée pour tous ceux qui sont là, qui sont venus nous encourager. Je suis désolée pour la Fédération qui a organisé cet Euro pour nous. » Le coach Pierre Vincent rappela l’essentiel : « Je suis très fier de mon équipe. On était au niveau dans l’intensité. C’est un match de basket, on ne contrôle pas tout. On a fait notre maximum. »
Les Braqueuses qui étaient encore actives et aussi toute une nouvelle génération de joueuses purent profiter de l’avantage du terrain, à Nantes Métropole, pour se qualifier pour Rio 2016 à l’occasion du Tournoi de Qualification Olympique.

Le territoire national a aussi réussi aux jeunes. Aux U21 à l’Euro en 2004 à Saint-Brieuc, Vannes et Quimper (génération Elodie Godin, Paoline Salagnac, Florence Lepron, Fati Sacko), médaillées d'argent. Aux U19 au championnat du Monde en 2010 à Toulouse et Rodez (Olivia Epoupa, Valériane Ayayi, Aby Gaye, Marième Badiane), également en argent. Et aux U16 en 2017 à Bourges (Iliana Rupert, Marine Fauthoux) qui ont conquis l’or devant un public en pamoison.

Deux épreuves qui ne sont plus d’actualité ont eu leurs moments de gloire. Le All-Star Game LFB qui fut organisé de 1999 à 2003 et surtout le Tournoi de la Fédération né en 1991 et clos en 2008. Réservée aux quatre meilleures équipes de la saison régulière, l’épreuve se déroulait sur un week-end dans un lieu différent. Preuve de leur domination nationale, Bourges en remporta 7 éditions et Valenciennes… 8.

04/06/2018 - Texte : Pascal Legendre - Visuel : Chloé Bérard
 


22-23-24 septembre 2017 : Pré-Open, an I
Nouveauté de la saison, 3 tournois Pré-Open ont été organisés sur le territoire à une semaine du lancement officiel de la saison. Dans l'Aube (St-Julien-les-Villas), Bourges s'est imposé. En Indre-et-Loire (Tours), c'est Nice qui a brillé. Et en Aquitaine (Boé), Basket Landes a remporté la finale.

29-30 septembre 2017 : Open LFB (13ème édition)
De retour dans son écrin historique, le Stade Pierre de Coubertin, l'Open LFB a lancé la 20ème saison de Ligue Féminine en présence des 12 équipes. Bourges a remporté le Match des Champions face à Villeneuve d'Ascq. Roche Vendée, promu et rookie de l'Open, s'est incliné devant Mondeville.

21 avril 2018 : Coupe de France
Bourges décroche son deuxième trophée de la saison en dominant Charleville-Mézières en finale (82-70). C'est la dixième Coupe de France qui tombe dans l'escarcelle berruyère.

16 mai 2018 : Trophées du Basket
La Ligue Nationale de Basket (LNB) et la LFB se sont associés pour organiser la première soirée récompensant les meilleurs joueurs et joueuses de la saison. Elle s'est tenue à la salle Gaveau en présence des stars des championnats Jeep ELITE, PRO B et LFB.

26 mai 2018 : Finales LFB
Le Tango Bourges Basket entre dans l'Histoire en devenant le club féminin le plus titré du basket français. Sacré pour la quatorzième fois Champion de France, le club du Cher a réalisé des playoffs presque parfaits (2-0 en quarts et en demies, 3-1 contre Tarbes en finale).

29 mai 2018 : Soirée des 20 ans
En présence de Laura Flessel, Ministre des Sports, la Ligue Féminine a soufflé ses vingt bougies devant les personnalités qui ont fait sa légende. Joueuses mythiques, entraîneurs et dirigeants emblématiques étaient là pour assister à la conclusion d’une saison 2017-2018 spéciale au cours de laquelle les deux équipes de rêve des 20 ans ont été dévoilées.

31/05/2018 - Arnaud Dunikowski (LFB)
 


En présence de Madame Laura Flessel, Ministre des Sports, la Ligue Féminine a soufflé ses vingt bougies devant les personnalités qui ont fait sa légende. Joueuses mythiques, entraîneurs et dirigeants emblématiques étaient là pour assister à la conclusion d’une saison 2017-2018 spéciale. Un mélange générationnel symbolisant le dynamisme d’une ligue tournée vers le futur mais qui n’oublie pas son Histoire.

La soirée de gala a débuté par la mise à l’honneur du Tango Bourges Basket, vingtième champion de l’histoire de la Ligue Féminine. Les onze joueuses et le staff, sacrés samedi soir (3-1 en finale contre Tarbes), ont reçu l’ovation des convives.

Point d’orgue de la soirée, la LFB a dévoilé les deux équipes de rêve des 20 ans. Un jury de neuf personnes, présidé par Boris Diaw, capitaine de l’Équipe de France (245 sélections), s’était réuni le 12 février dernier afin de composer les « 5 majeurs ». Céline Dumerc et Ann Wauters ayant remporté le suffrage du public, elles étaient assurées de figurer dans chaque sélection.

Le « 5 majeur » des joueuses françaises

Céline Dumerc - 16 saisons LFB / 455 matches joués - Élue par le public
Débutée à Tarbes, sa carrière prend une autre dimension au sein du Bourges Basket. Après 2 saisons en Russie, elle revient dans le Cher et garnit un peu plus son palmarès. Elle retrouve son Sud-Ouest natal en 2016.

Audrey Sauret - 9 saisons LFB / 218 matches joués
Passée de Bourges à Valenciennes en 2000, la native de Charleville-Mézières a tout connu avec l’USVO. Pilier du club nordiste, elle part quelques années à l’étranger avant de terminer sa carrière en Ligue Féminine, à Lyon.

Cathy Melain - 9 saisons LFB / 253 matches joués
Joueuse emblématique du club Tango, Cathy Melain n’a connu que Bourges en LFB. Triple MVP du championnat, elle passe deux saisons en Italie avant de retrouver le Berry où elle y finit sa carrière sur un dernier titre national.

Endy Miyem - 9 saisons LFB / 251 matches joués
Après le Centre Fédéral, Endy Miyem rejoint Bourges. C’est dans ce club qu’elle va grandir en remportant de nombreux titres. Après 9 saisons sous le maillot Tango, elle part Russie pour donner un nouvel élan à sa carrière.

Isabelle Yacoubou - 5 saisons LFB / 137 matches joués
Arrivée à Tarbes en provenance du Bénin, la solide intérieure a porté le TGB pendant 5 ans jusqu’au titre en 2010. 2 fois meilleure joueuse de LFB, elle quitte la Bigorre et évolue dans d’ambitieuses équipes européennes.

Entraîneur : Valéry Demory - 13 saisons LFB / 388 matches
Ancien joueur, il débute à Mourenx puis passe 10 années à Lattes Montpellier où il emmène le BLMA au plus haut niveau. Valéry Demory est l’entraîneur ayant coaché le plus de match en LFB.

Le « 5 majeur » des joueuses étrangères

Kristi Harrower (Australie) - 5 saisons LFB / 126 matches joués
Après 3 saisons à Aix-en-Provence, elle rejoint l’emblématique club de Valencinennes. Meneuse de caractère, elle remporte en parallèle de nombreuses médailles avec la sélection australienne.

Ilona Korstine (Russie) - 5 saisons LFB / 130 matches joués
Formée à Bourges, la Franco-Russe a récemment intégré le « Hall of Fame » du club beruyer. Retraitée des parquets, elle dirige maintenant la VTB League, championnat réunissant les meilleures équipes d’Europe de l’Est.

Allison Feaster (États-Unis) - 6 saisons LFB / 151 matches joués
Comme Harrower, Allison Feaster arrive en Ligue Féminine à Aix puis rejoint le Nord et Valenciennes. A l’USVO, elle gagne un titre par saison et marque le championnat de son empreinte avec trois trophées de MVP.

Ann Wauters (Belgique) - 7 saisons LFB / 191 matches joués - Élue par le public
A 18 ans, elle passe la frontière et débarque à l’USVO pour en repartir en légende. Après avoir fait le tour des plus grands clubs européens, elle revient dans le Nord, à Villeneuve d’Ascq, avec qui elle gagne l’EuroCoupe.

Poline Tzekova (Bulgarie) - 10 saisons LFB / 248 matches joués
Internationale bulgare, elle passe toute sa carrière française dans le Sud-Ouest où elle vit toujours. Icône de Tarbes, elle arrête sa carrière une saison avant le sacre national du TGB.

Entraîneur : Laurent Buffard - 12 saisons LFB / 357 matches
Passé de la PRO A à la LFB en 1999, il amène Valenciennes au sommet, que ce soit en France ou en Europe. Laurent Buffard est l’entraîneur le plus titré en LFB.

30/05/2018 - Arnaud Dunikowski (LFB)
 


Faire ressortir les joueuses étrangères qui ont marqué vingt ans de Ligue Féminine est forcément un choix subjectif. Ce qui saute aux yeux, c’est que les Américaines sont minoritaires et qu’outre l’Europe et l’Amérique, l’Afrique et l’Océanie sont représentées.

En tête de liste, choisie par les internautes pour figurer dans le « 5 Majeur » étranger de ces 20 ans, on trouve la Belge Ann Wauters, qui a la particularité d’avoir porté le maillot de Valenciennes à ses débuts (de 18 à 24 ans) puis de Villeneuve d’Ascq après avoir fait le tour de quelques-uns des plus grands clubs d’Europe (à 34 ans). Preuve de son impact, avec VO, elle a gagné deux fois l’Euroligue et avec l’ESBVA, une fois l’Eurocoupe.
« Elle habite à vingt minutes top chrono de la salle. Elle vivra chez elle. Elle a ses enfants, sa famille, elle est à l’abri financièrement et elle voulait jouer soit en Belgique, soit dans le nord de la France », commenta le coach des Guerrières, Frédéric Dusart, pour expliquer comment il avait déniché une telle pépite.
Lequel Frédéric Dusart a profité de cette proximité géographique avec la Belgique pour enrôler deux saisons Emma Meesseman, qui à 19 ans était l’un des plus grands espoirs du basket européen. Un statut qu’elle a confirmé par la suite en Russie et en WNBA. Autre joueuse de classe mondiale passée par Villeneuve d’Ascq, l’Ukrainienne Alina Iagupova, une boulimique de points qui a tenu un rôle majeur dans l’obtention du premier titre de champion de France du club en 2017.

KB Sharp : un record de longévité

La Lettone Gunta Basko (8 saisons dans quatre clubs différents), Ann Wauters et la Franco-Malienne Djéné Diawara (7 saisons) ou encore la Bulgare naturalisée française Polina Tzekova (10 saisons) ont fait preuve d'une longue fidélité à l’élite française.
« A 19 ans j'avais déjà été élue dans les dix meilleures joueuses européennes. Je me suis alors dit que je pouvais laisser quelque chose, une trace, dans l'Europe du basket. Je me suis mise à bosser, du matin jusqu'au soir j'étais dans la salle. A l'époque en Bulgarie, il y avait beaucoup de problèmes économiques, parfois on n'avait pas d'électricité dans la salle et je m'entraînais à la bougie », raconta Tzekova à propos de ses débuts dans son pays de naissance. A sa sortie du Lokomotiv Sofia, Polina a fait un passage de quatre ans à Priolo, en Italie, avant de s’installer définitivement dans le Sud Ouest, à Mourenx et à Tarbes où elle a joué en LFB jusqu’à l’âge canonique de 41 ans.

Mais c'est Kristen Brooke Sharp, meneuse franco-américaine du Bourges Basket, qui détient la palme avec 12 saisons consécutives en LFB. La native de Columbus a débarqué à Aix-en-Provence en 2006, est passée par Challes-les-Eaux avant de s'installer à Mondeville (2010-2013 puis 2014-2017), avec un crochet par Nice. 

Laia Palau : ce n’était qu’un au-revoir

Du fait de leur rang élevé en Europe, Bourges et Valenciennes ont abrité de nombreuses stars étrangères comme les Australiennes Kristi Harrower et Belinda Snell, les Grecques Evanthia Maltsi et Stella Kaltsidou, la Serbe Sonja Petrovic qui fut plus tard championne d’Europe avec Milica Dabovic, qui elle porta les maillots de Mondeville et Lyon.
Deux cas sont particulièrement à mettre en exergue. Celui de Ilona Korstine, qui fréquenta le centre de formation de Bourges, obtint la nationalité française, fut élue MVP Espoir de la LFB en 1999, mais poursuivi ensuite sa carrière à l’étranger et avec l’équipe nationale de Russie. Elle est aujourd’hui la Directrice Générale de la VTB League. L’autre, c’est la meneuse espagnole Laia Palau, qui a joué pour le club du Cher de 2004 à 2006 et qui est revenue au cours de la présente saison après avoir collectionné trophées et médailles en club et avec la sélection ibérique.

L’amour de la France

Malgré tout, plusieurs joueuses américaines ont laissé une trace indélébile dans l’histoire de la LFB. Même si son apport ne fut pas majeure car elle avait 38 ans lorsqu’elle fit une pige en 2002 avec Valenciennes pour gagner l’Euroligue, le nom de Teresa Edwards est inscrit dans ce Who’s Who de la Ligue Féminine car elle a participé à un record de cinq Jeux Olympiques et récolté quatre médailles d’or. Plus importante fut la contribution de sa compatriote Allison Feaster à la gloire de l’USVO. Cette diplômée en économie de la prestigieuse université d’Harvard, trois fois MVP étrangère de la LFB (2002, 2003 et 2004) était mariée avec Danny Strong qui en parallèle fit carrière en LNB. « J’adore jouer en Europe et notamment en France. J’adore ce pays. Je n’ai pas eu peur que le basket fasse du mal à notre couple », déclara-t-elle.
Tamika Whitmore a marqué les esprits pour avoir établi un record de 41 points avec Mourenx et contre Tarbes en 2006. Mistie Bass, fille d’un chanteur célèbre des années 60, pour avoir été double MVP étrangère de la Ligue Féminine (2011 et 2012). « Je suis Américaine mais je suis Française aussi. J’adore la culture française. Comme ça, je pourrais rester en France si je veux. Je voudrais essayer aussi de jouer en Équipe de France, pour l’expérience. » annonçait Mistie qui finalement est repartie précipitamment aux Etats-Unis et a eu un enfant avant de rebondir en Australie.
La Québécoise de langue anglaise Lizanne Murphy a également proclamé son amour de la France et elle a obtenu le passeport national à l’issue de son séjour ici.
« Depuis que je suis en France, je parle français toute la journée, ça aide beaucoup », racontait-elle alors qu’elle venait d’être sacrée MVP étrangère sous le maillot d’Angers. « Et dans les trois équipes où j’ai joué, j’étais la traductrice. Je peux désormais réfléchir en anglais et en français. Au Québec, par exemple, on ne dit pas une paire de basket ou de chaussures, mais une paire de souliers. Tout le monde se moque de moi quand je dis ça. »

23/05/2018 - Texte : Pascal Legendre - Visuel : Chloé Bérard
 


En vingt ans, quatre Présidents se sont succédés à la tête de la Ligue Féminine.

C’est un Nordiste, Serge Gérard, qui fut pendant vingt ans le Président du Comité Départemental du Nord, à qui fut attribuée la présidence de la Ligue Féminine naissante.
« Un jour Yvan Mainini (NDLR : président de la FFBB de 1992 à 2010) m’a dit qu’il était temps de passer à une étape supplémentaire, que l’on créé une ligue féminine, qui ne fut pas professionnelle au départ même si les filles commençaient à être payées. Il fallait un peu régulariser tout ce système. La Ligue Féminine est née à l’intérieur de la Fédération. On voulait avoir des clubs un peu plus structurés ce qui a fait qu’après, s’est très rapidement branché le contrôle de gestion dont j’ai été aussi le Président car les deux vont ensemble. On ne pouvait pas avoir des clubs qui employaient des filles payées sans qu’il y ait à côté un contrôle de gestion fédéral. Ça n’a pas toujours été facile à guider mais on ne peut pas créer une ligue comme celle-là sans l’accord des clubs. On en a eu qui n’ont pas respectés les règles, ils ont eu des rappels et certains se sont cassés la figure. On a parfois des présidents qui ne regardent pas toujours bien leur avenir, qui gèrent au jour le jour. »
Pour les accompagner dans leurs tâches, les Présidents de la LFB ont bénéficié de l’appui d’anciennes internationales devenues vice-présidentes (Edwige Lawson-Wade, Françoise Amiaud, Nathalie Lesdema) et d’un staff installé à Paris dans l’immeuble fédéral piloté par des directeurs dont trois furent des… directrices (Monique Amiaud, Magali Andrier, Michel Cogne et Irène Ottenhof en poste aujourd’hui).
« Elle avait un rôle important puisque moi je travaillais encore » explique Serge Gérard à propos de Monique Amiaud. « J’étais directeur d’une grosse école, même si mon travail me donnait un peu plus de vacances qu’ailleurs. J’étais aussi toujours Président du comité du Nord. Je ne pouvais pas aller tous les jours à la Fédération, j’y allais minimum une fois par semaine, quelque fois deux. Par la même occasion, je suis devenu responsable de l’Équipe de France féminine. »

Jean-Pierre Siutat dynamyse la LFB

L’actuel Président de la Fédération, Jean-Pierre Siutat, a dynamisé la Ligue Féminine lorsqu’il a pris la succession de Serge Gérard. Jean-Pierre Siutat était déjà un bâtisseur qui avait emmené le club de Tarbes jusqu’en première division, organisé l’Euro masculin 1999 et fut chef de la délégation française aux JO de Sydney.
« Quand je suis arrivé en 2001, c’était un peu le chaos, il y avait onze équipes dans le championnat et il y avait la guerre entre les clubs sur l’interprétation des joueuses EEE (Espace Economique Européen), soit l’Europe de l’Ouest dans laquelle il y avait la libre circulation avec l’arrêt Bosman. Et il y avait les 4E dans lequel on retrouvait l’Europe de l’Est et plus ou moins les Cotonou, ce n’était pas bien défini. Je me souviens d’avoir pris le bébé en 2001 et derrière il a fallu aller au combat pour que les gens acceptent d’aller jusqu’à la fin de la saison dans cette situation. Il a fallu structurer, négocier pour que l’on puisse passer à 12. En 2002, il fallait absolument sortir d’un ghetto. J’avais fait une réflexion à l’époque sur la stratégie du sport féminin. »
Jean-Pierre Siutat avait listé les pistes à explorer. Parmi elles, informatiser la billetterie, donner les scores des matches en live sur internet, créer des actions sociales -ce fut Marraine de Cœur- et encore faire des dérivés du maillot de l’Équipe de France.
« Cela parait aujourd’hui désuet, mais à l’époque cela a permis de se différencier à travers de ce que sont les joueuses et à travers une compétition qui automatiquement est comparée à du basket masculin. Cette autre chose a été de créer l’Open. »

20 ans, la maturité

Le Tourangeau Thierry Balestrière, cadre à la SNCF, eut ensuite comme principale mission d’assainir les finances des clubs dont plusieurs étaient dans le rouge. Il céda sa place après quatre ans de présidence à Philippe Legname pour devenir Secrétaire Général de la FFBB.
Président de la LFB depuis la fin de l’année 2012, Philippe Legname possède un cursus complet dans le basket. Il est membre du Comité Directeur de la FFBB et de la LNB, Directeur Général du Hyères-Toulon Var Basket en Jeep® ELITE et accessoirement père de Laurent, le coach de la JDA Dijon.
Sous son magistère, la Ligue Féminine fête ses 20 ans et a surtout trouvé une stabilité et une maturité. « La structuration économique des clubs a évolué dans le bon sens. La collaboration avec la Commission de Contrôle de Gestion est bonne, elle a permis une sécurisation financière accrue avec notamment la mise en place d’un fond de réserve et une augmentation des budgets moyens. Au niveau social, le travail sur les accords sectoriels avance. Le basket féminin va franchir un nouveau cap. »

Mais la LFB a surtout su se renouveler au fil des saisons. « Sur le plan sportif, le changement de formule nous a apporté un renouveau. L’élite s’est resserrée et le championnat a gagné en intensité avec des playoffs élargis et des playdowns . D’un point de  vue événementiel, Championnes de Cœur, les tournois Pré-Open et cette année les Trophées du Basket organisés avec la LNB ont confirmé le dynamisme de la Ligue. Il est impensable de se reposer sur ses lauriers. »

Et la LFB ne peut que se réjouir de la vague actuelle de féminisme au niveau du sport national. « C’est déjà une demande des politiques de développer le sport féminin. A la Fédération, 38% de nos licenciés sont des femmes et on est à ce niveau-là le premier sport collectif en France. Il y a une vraie volonté de développer le basket féminin et d’avoir une ligue féminine très forte. »

17/05/2018 - Texte : Pascal Legendre - Visuel : Chloé Bérard
 


Les clubs français et les coupes d’Europe, c’est une histoire d’amour où l’on retrouve en fil rouge les Tango de Bourges.

Après le Clermont Université Club, cinq fois finaliste de la Coupe des Clubs Champions (C1) dans les années 70, les clubs français ont connu une traversée du désert avant de s’exposer de nouveau à la lumière à partir des années 90. Challes-les-Eaux entra dans l’histoire en 1993 en participant au Final Four de ce qui deviendra l’Euroligue, mais c’est Bourges qui fut le véritable club pionnier en remportant tout d’abord la Coupe Ronchetti (C2) puis trois fois l’Euroligue (1997,1998 et 2001).
Lorsque le CJM Bourges gagna sa première coupe d’Europe, c’était déjà un club de pointe avec 5MF de budget pour l’équipe pro, 125 entreprises partenaires, 2 400 spectateurs en moyenne, huit joueuses et deux entraîneurs pros et une secrétaire à temps partiel. Le président Pierre Fosset avait réuni quelques étoiles dont le coach russe Vadim Kapranov, sa compatriote Elena Koudashova, la Slovaque Anna Kotocova et les Françaises Yannick Souvré, Odile Santaniello, Amy Cissé, Martine Campi bientôt rejointes par Cathy Melain et Isabelle Fijalkowski.
C’est avec un noyau dur d’internationales françaises, y compris Anna Kotocova qui se verra délivrer plus tard le passeport national, que Bourges passa la vitesse supérieure et devient trois fois la meilleure équipe d’Europe. L’édition de 1998 fut particulièrement mémorable puisque le Final Four se tint au Prado de Bourges. En finale, les Tango repoussèrent le Getafe Madrid 76-64 avec 21 points de Odile Santaniello et autant de la Tchèque Eva Nemcova.
« Oui, on est très fortes psychologiquement mais on ne fait rien de particulier pour ça, » confia Yannick Souvré devenue le symbole du basket féminin français qui gagne. « C’est le mystère Kapranov. Il dit peu de choses mais quand il les dit, ça prend une telle ampleur… De nature une femme n’a pas confiance en elle, j’en sais quelque chose. Mais Vadim m’a toujours fait croire que j’étais meilleure que la fille d’en face. »

Deux clubs français en finale de l’Euroligue

2001 fut une année magique pour le basket féminin français. Les « Filles en Or » furent sacrées championnes d’Europe au Mans et, quelques semaines auparavant, deux clubs français s’étaient retrouvés en finale de l’Euroligue, à Messine, en Sicile. Un exploit unique. Cela devait marquer le passage du témoin entre Bourges et Valenciennes. Seulement, ce sont les Berruyères qui réalisèrent le triplé après une victoire sur le fil sur un layup de Cathy Melain, 73-71. La seule défaite de l’USVO de la saison. Yannick Souvré remporta ainsi un nouveau trophée et une invitation à « Tout le monde en parle » de Thierry Ardisson, preuve que les succès des basketteuses ne passaient pas inaperçus.
Une ère se terminait, une autre s’ouvrait, celle de Valenciennes. C’est à Liévin, en terre nordiste et devant ses supporters inconditionnels, que l’USVO remporta la première de ses deux Euroligue avec une véritable Dream Team : Ann Wauters, Allison Feaster, Isabelle Fijalkowski, Audrey Sauret, Edwige Lawson, Sandra Le Dréan, Nathalie Lesdema, qui était aussi selon son coach Laurent Buffard « un groupe de filles formidables ».
Le banc de l’USVO était si riche que l’on y trouvait tout au bout une véritable légende du basket mondial, Teresa Edwards, cinq fois médaillée olympique (dont quatre fois en or) et à 37 ans au soir de sa carrière. « Il y a eu un respect mutuel. Ces filles-là sont douées, elles jouaient bien avant que j’arrive et je n’étais pas là pour leur rendre la tâche difficile ni pour leur enseigner quoique ce soit parce qu’elles avaient déjà bien travaillé », commenta l’étoile américaine avec beaucoup d’humilité.

Après Valenciennes, Ann Wauters se met au service de Villeneuve d’Ascq

La C2, que l’on appela Coupe Ronchetti puis Eurocoupe à partir de 2002, a également plusieurs fois souri aux clubs français. Après Bourges en 1995, Tarbes la remporta l’année suivante, puis ce fut au tour de Aix-en-Provence en 2003, lequel tomba en finale trois ans plus tard comme Arras en 2011.
Le passé récent nous a offert de nouvelles belles émotions. C’est face au club belge des Castors de Braine et dans l’atmosphère de kermesse de Charleroi que Villeneuve d’Ascq remporta cette Eurocoupe en 2015.
La présence de Ann Wauters au centre de son dispositif fut déterminante. La légende belge apporta sa taille, sa technique, son expérience et sa sérénité. Le fait d’être huée par ses compatriotes tout au long du match retour ne la troubla pas le moins du monde. Alors que les Villeneuvoises avaient perdu 64-68 dans leur fief, elles balayèrent les Belges au retour, 73-53. Les Guerrières avaient sorti leurs griffes le jour J.
« Il y avait trois facteurs : émotion, engagement, stratégie », commenta Frédéric Dussart, coach de l’ESBVA-LM et prof d’EPS à mi-temps. « Pour la stratégie, j’ai proposé des choses qui ont été validées ou modifiées par les filles, un managérat participatif, comme Claude Onesta au hand. Pour l’engagement, on a ressorti des phrases du match aller où les Belges disaient qu’elles avaient gagné sur le fighting spirit, ce qui fait mal d’entendre ça. Pour l’émotion, on a dit qu’à 12 contre 6 000, il fallait garder le visage fermé, zéro émotion. »
Villeneuve d’Ascq ne put réaliser le doublé. L’année suivante, les Nordistes furent vaincues en finale par Bourges, les deux clubs étant écartés de la phase finale de l’Euroligue. Quinze ans après Messine, deux clubs français s’étaient retrouvés de nouveau ensemble sur une cime européenne.

18/04/2018 - Texte : Pascal Legendre - Visuel : Chloé Bérard
 


Chantal Julien est une pionnière. Faisant fi du sexisme, elle a tout fait plus vite et mieux que tout le monde. Un exemple pour les jeunes filles tentées par l’arbitrage.

Aujourd’hui, il y a treize arbitres femmes dont le statut leur permet d’arbitrer en Ligue Féminine. Tout en haut de la hiérarchie, on trouve Audrey Secci, qui arbitre aussi en Jeep ELITE, Marion Ortis qui alterne Jeep ELITE et Pro B et Aurélie Vidot, qui vient d’arriver en Pro B. Pour la première fois en 2016, et profitant d’un contingent en augmentation, l’ensemble des rencontres de l’Open LFB a été arbitré par des femmes.

Il fut une époque, pas si lointaine, où arbitrer en première division féminine était exclusivement l’apanage des hommes. Si Astrid Schneider et Sylvie Lacaille l’avait précédée de quelques années, la véritable pionnière fut Chantal Julien, qui a franchi une à une les barrières du sexisme par sa seule compétence. Grenobloise d’origine, Chantal Julien a fait partie de l’épopée de Challes, un club de la banlieue de Chambéry, qui fut un peu après son départ le premier club féminin français à parvenir au Final Four de la Coupe des Champions, l’actuelle Euroligue. Chantal Julien avait alors déjà rejoint Dijon puis Tarbes mais une autre carrière combien fructueuse s’offrait à elle.

La saison qui a suivi sa retraite de joueuse, la Grenobloise était déjà arbitre de première division féminine. Son cursus de joueuse de haut niveau lui a permis de s’adapter très vite à sa nouvelle fonction. En 1997, elle obtenait le feu vert pour arbitrer en Pro A et au niveau FIBA. Elle était l’une des seules femmes en Europe à arbitrer des hommes. Quand on lui demande comment elle a été alors accueillie par ses collègues masculins, elle répond : « Par certains très bien, par d’autres moins bien car il y avait forcément un peu de jalousie, de machisme. Je suis arrivée vite donc forcément je suis passée devant tout le monde. Il y avait des gens qui me disaient « tu es arrivée vite, d’accord, mais tu vas voir ce qui t’attend. » Il faut prouver beaucoup plus que quelqu’un qui arrive normalement avec un cursus traditionnel. »

Et par le milieu ? « Les coaches, comme Greg Beugnot, Jacques Monclar, me connaissaient en tant que joueuse et ils savaient que je connaissais le basket. Ils m’ont testée au départ pour voir si j’étais capable comme tous les rookies qui arrivent dans ce milieu-là et en plus j’étais une femme. Je pense que j’ai la personnalité pour répondre et surtout répondre techniquement et quand ils voyaient que j’arrivais à analyser techniquement les situations, ils m’ont très vite fait confiance. Les joueurs, eux, me connaissaient moins. Certains ne voyaient même pas que j’étais une femme alors que d’autres profitaient que je sois une femme pour faire des réflexions, des insultes. Il a fallu que je me fasse respecter plus que mes collègues masculins. »

Responsable des arbitres du haut niveau

Comme elle le dit elle-même, il faut être blindée pour ne pas craquer sous la pression des joueurs, des coaches et du public. Et Chantal Julien a toujours surmonté les épreuves. Elle a connu l’excellence. Première femme à arbitrer une finale de championnat du monde féminin –en 2002 en Chine avec une Espagnole-, elle a fait deux Jeux Olympiques, à Athènes et Pékin où elle arbitra le quart de finale masculin entre les Etats-Unis et l’Allemagne. En 2012, Chantal Julien a rangé son sifflet pour superviser les 90 arbitres du haut niveau français. Une tâche fondamentale où son savoir-faire est également reconnu. Et en 2017, elle fut là encore la première femme à devenir superviseur lors d’un EuroBasket masculin : « Je me suis dit qu’il allait falloir que je prouve encore, mais ça s’est très bien passé. Mine de rien, j’ai de la concurrence de la part des instructeurs masculins, pourquoi elle fait partie des douze (instructeurs) et pas moi ?! »

10/04/2018 - Texte : Pascal Legendre - Visuel : Chloé Bérard
 


Si on devait décerner un trophée au joueur ou à la joueuse de notre pays ayant gagné le plus de titres et de médailles, Edwige Lawson-Wade serait à coup sûr l’une des principales candidates.

Meneuse de petite taille (1,67m), la Bretonne avait les gestes, le feeling d’une point guard américaine. Une dextérité et un sang-froid –qui se vérifiait notamment aux lancers-francs- hors normes. Elle a su s’adapter à différentes générations de joueuses puisqu’aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000 comme à l’Euro en France l’année suivante où les Bleues furent sacrées championnes d’Europe -ce qui leur valut le surnom de Filles en Or-, elle était la benjamine du groupe, alors que lorsqu’elle remporta l’argent aux Jeux de Londres avec les Braqueuses, elle était devenue l’aînée.

Durant sa carrière, Edwige Lawson-Wade est montée au fur et à mesure en puissance en faisant de bons choix de club. C’est ainsi qu’elle gagna deux fois l’Euroligue avec Valenciennes et une autre fois avec le CSKA Samara. La Française a côtoyé toutes les stars du basket mondial, de Ann Wauters à Becky Hammon, qui est devenue une amie, en passant par Sheryl Swoopes, Maria Stepanova et encore Amaya Valdermoro.
« Je comprenais bien que dans ce type d’équipes, il fallait que chaque joueuse soit satisfaite, » analyse-t-elle à propos de sa période en Russie. « Chacune devait toucher un peu le ballon. Mon job numéro un pendant cinq ans, c’était de bien le distribuer. Il fallait que je fasse fonctionner les systèmes. J’ai beaucoup appris sur le plan technique, j’ai progressé sur le plan meneuse-gestionnaire. »

Avec Isabelle Fijalkowski et Sandrine Gruda, Edwige Lawson-Wade partage le fait d’avoir connu la réussite en Europe et en WNBA. Elle y a joué 141 matches répartis en cinq saisons et son bâton de maréchal fut une finale avec les San Antonio Silver Stars en 2008. Aux jeunes européennes qui veulent tenter leur chance aux Etats-Unis, la Rennaise recommande la plus grande patience : « Ce sont de bons entraîneurs, » dit-elle des coaches US même si leur culture du basket international est parfois inexistante. « Il faut aussi avoir une part de chance. Je me suis retrouvée à San Antonio lorsqu’il y a eu trois semaines de break pour les Jeux Olympiques, et j’ai pu jouer uniquement à mon poste de meneuse lors des matches entre nous ou contre des garçons. Le coach a pu voir ce que je pouvais apporter à l’équipe. »

Une touche à tout

Après une dernière médaille d’argent à l’Euro 2013 en France, Edwige Lawson-Wade a embrayé sur une carrière de touche à tout. Elle a été étudiante au CDES de Limoges afin d’obtenir un Master de manager général de clubs sportifs, consultante de matches NBA et d’Euroligue sur BeIN SPORTS, blogueuse sur Yahoo, dans le staff de dirigeants de Lattes Montpellier, membre du Comité Directeur de la FFBB et Vice-Présidente de la Ligue Féminine ! On la vit ainsi présenter avec le journaliste Patrice Dumont, aujourd’hui Directeur Général du club de Bourges, l’émission « Dans le Cercle » réservée au basket féminin. Edwige s’essaya même un court moment comme agent de joueuses mais une autre facette de sa vie, c’est d’être mariée à James Wade, un Américain qui après sa carrière de joueur est devenu assistant-coach en WNBA (San Antonio puis Minnesota) et à Ekaterinbourg. Ils ont eu ensemble un fils et Edwige a mis un temps entre parenthèses ses ambitions professionnelles.

Aujourd’hui, Edwige Lawson partage son temps entre les activités de son mari, aux Etats-Unis et en Russie et Montpellier où le couple dispose d’un pied à terre et où elle est devenue Directrice Sportive du BLMA. Un retour aux sources pour celle qui a compilé 8 saisons et 227 matches en LFB avec deux trophées de meilleure Espoir (mais avant la création de la Ligue en 1997 et 1998) et un autre de MVP Française (2012).
« C’est une ligue très intéressante où n’importe qui peut battre n’importe qui. Ça caractérise la France », juge-t-elle du haut de son immense expérience. « Je trouve que le travail de la Ligue Féminine qui essaye de monter en visibilité, qui est un peu créatrice, c’est très bien. C’est une ligue respectée en Europe. En plus, on est un pays où on sort de très bonnes joueuses et où l’équipe nationale brille. On peut être fier de ce que l’on fait en France. »

19/03/2018 - Texte : Pascal Legendre - Visuel : Chloé Bérard

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