Sur un air de samba
La Brésilienne donne le tempo à l'attaque clermontoise - Allée-Bellenger/LFB
 

Ligue Féminine - Magazine

Après quatre saisons à Montpellier et un intermède brésilien, Claudia Das Neves (1,75 m, 33 ans) effectue un come-back remarqué dans l'Hexagone. Claudinha occupe un rôle majeur dans le retour du beau jeu à Clermont-Ferrand. Une aubaine pour les Louves Arvernes qui reçoivent les Ouvrières de Mondeville ce mercredi dans un match webdiffusé en direct LFBTV.

Comme tous les Brésiliens, je danse la samba. Claudinha, la meneuse auriverde, vient de souffler ces 33 bougies, et si le Stade Clermontois poursuit son beau parcours (5e après 16 journées), elle ne pourra pas se soustraire bien longtemps aux sollicitations nourries de ses partenaires clermontoises qui ne manquent pas de lui réclamer quelques pas de cette fameuse danse du pays.

A l'image de l'enthousiasme du carnaval, la formation auvergnate propose un basket nourri au panache offensif (4e attaque de la LFB avec 72,8 pts). Leader de l'escouade clermontoise, la Brésilienne est la grande artisane de ce renouveau (13,9 pts, 3,1 rbds et 3,6 pds en 35'). Quand je suis arrivée, nous voulions aller le plus haut possible. Avec les victoires, nous avons pris confiance en nous et nous espérons bien accrocher l'Eurocoupe. Mais il reste beaucoup de matches à gagner. L'internationale et quadruple MVP du championnat brésilien est prudente. Expérience et charisme, ces qualités reconnues ont poussé l'entraîneur Emmanuel Coeuret à la recruter. Au regard de son CV, de sa réputation et de ses qualités humaines, ce n'était pas un gros risque. Elle avait envie de se relancer en France, je voulais une joueuse au côté d'Anaël Lardy avec l'expérience du championnat et des compétitions internationales, et notamment ces qualités d'adresse. Avec un coach aussi laudateur à son encontre, Claudinha évolue en toute confiance.

Après quatre saisons riches à Montpellier (12,6 pts et 3,1 pds entre 2002 et 2006), la sémillante joueuse du SCAB 63 avait remis le cap vers le Brésil où le club phare du pays, l'Unimed Americana, lui faisait les yeux doux. Celle qui rayonne tant sur qu'en dehors du terrain a laissé dans son sillage héraultais de bien bons souvenirs. A l'automne dernier, elle retrouve la France avec une certaine idée du basket. Si le basket est mon métier depuis plus de 15 ans et que j'aime profondément le jeu, le plus important est de me sentir bien là où je joue. Recevoir beaucoup d'argent importe peu. Une vision à mille lieux de la tendance au carriérisme et à la chasse au contrat rémunérateur. A Montpellier, je me sentais bien mieux qu'à Saragosse c'est pourquoi je suis restée. Je suis repartie au Brésil pour me ressourcer.

Une tranquillité d'esprit appréciable, une saine mentalité forgée au Brésil, le pays du carnaval, la folie annuelle. J'aime être là bas, je suis toujours vivante. C'est cinq ou six jours sans travail et à la plage. Cette année, je l'ai suivi plus calmement sur internet. Habituée à l'éloignement, Claudinha n'en garde pas moins au fond d'elle l'amour du maillot national. Frustrée par la 4e place au Mondial organisé par son pays en 2006, elle fait de nouveau partie de la Seleçao qui devra passer par la case du TPO en Espagne pour aller aux JO de Pékin cet été. Je me suis retirée pendant cinq ans en raison de mon désaccord sur certaines choses et aussi en raison de la fatigue physique. Mais aujourd'hui, avec le nouveau coach, l'envie et la motivation me sont revenues. Le mont Olympe, la médaillée de bronze à Sydney en 2000 espère bien l'escalader une dernière fois. Sur un air de samba bien sûr.

Par Yann Kappes
Article paru dans BasketBall Magazine n°734 - Mars 2008.

14/04/2008

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