Fidèle au Sud ouest
Dernier de la saison régulière, le MBC est rétrogradé en NF1 après exercices en LFB - C.Jouanserre/Basquetebol
 

Ligue Féminine - Magazine

Fonctionnaire à la mairie de Tarbes, Béatrice Castets (1,78 m, 28 ans) réalise actuellement la meilleure saison de sa carrière à Mourenx. La lanterne rouge béarnaise de la LFB est son second club en carrière après' Tarbes. Une basketteuse fidèle au pays.

En route pour le déplacement à Villeneuve d'Ascq, Béatrice Castets n'est pas facile à contacter au téléphone. Et pour cause, entre son poste de fonctionnaire titulaire à la mairie de Tarbes et son activité de basketteuse à Mourenx, les heures de temps libre sont comptées pour la Gersoise qui ne ménage déjà pas ses efforts pour joindre les deux bouts. Native d'Auch, Choupinou (son surnom) n'a jamais fréquenté une autre aire de jeu que celle de son Sud ouest natal. J'ai joué sept saisons à Tarbes, j'effectue ma sixième année à Mourenx. C'est au lycée de Vic en Bigorre que je suis venue au basket et j'ai intégré le TGB grâce à mon professeur d'EPS. Entre midi et 14 heures, je jouais avec les garçons sur les playgrounds. Petite, j'ai connu la fusion avec le Bigourdan de Tarbes où j'ai débuté. Plus que l'attachement à la terre, l'enracinement régional est profond. Parfois, souvent dicté par l'impératif professionnel.

Avec mon emploi jeunes à Tarbes, continuer à jouer dans ma région n'était pas vraiment un choix. Mon métier de fonctionnaire est un gros plus pour moi. A rester au TGB sans jouer, j'ai préféré opter en 2002 pour le projet de Mourenx qui souhaitait monter en NF1. Car l'ailière béarnaise est un cas particulier en Ligue Féminine : titulaire à l'aile du MBC, elle ne bénéficie pas d'un contrat professionnel. Allier basket et travail n'est pas chose aisée, mais c'est un choix que j'assume. Je suis contente de changer de milieu après une journée de boulot, retrouver les copines du basket. Je ne suis pas pour autant jalouse des joueuses pro de l'équipe, j'apprécie simplement l'esprit de famille du club, la mentalité collective qui fait qu'on ne se marche pas dessus.

Les frictions avec son adversaire valenciennoise Emilie Gomis, lors de la séance de rattrapage de la 10e journée en championnat au gymnase municipal fin février atteste de son caractère bien trempé. A froid, BC calme le jeu et admet que l'incident et les quatre disqualifiantes qui ont suivi sont très regrettables. Comme dirait un célèbre commentateur, ces joueuses ne passeront pas leurs vacances ensemble. Toutefois, ce malheureux épisode n'est pas forcément révélateur de l'ambiance dans les rangs de la lanterne rouge de LFB.

La saison est difficile depuis quatre mois, car l'alchimie entre les joueuses et le coach Pascal Delaliaux n'a pas fonctionné. Au MBC, il ne disposait pas du même type de joueuses qu'à Clermont. Il me demandait de jouer le un contre un alors que ce n'est pas mon jeu. Additionné au départ du président Laffitte à l'intersaison et à son lot d'incertitudes, l'erreur de casting a mis le club mourenxois dans la panade (14e, avec trois victoires de retard sur le premier reléguable). L'assistante historique du club, Aurélie Lopez, a repris les rênes de l'équipe depuis le limogeage du Dunkerquois. Une décision à la convenance de Castets. Avec Aurélie, le mental est revenu, le jeu est différent mais il s'améliore. Alors si j'ai du temps de jeu, notre situation comptable est frustrante, j'estime que nous ne sommes pas à notre place au classement. A l'inverse de l'équipe, la meilleure tireuse à trois-points 2001 et 2007 réalise paradoxalement son meilleur exercice en Ligue (7,8 pts à 46%, 1,9 rbd et 1,2 pd en 27'). Quoiqu'il advienne à l'issue de la saison, Béatrice fera fièrement front et même si elle ne le dit pas ouvertement, elle est bien trop attachée à la région pour abdiquer avant l'heure.

Par Yann Kappes
Article paru dans BasketBall Magazine n°735 du mois d'Avril 2008.

25/04/2008

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