L’Open, événement phare de la ligue
 

20 ans LFB

La Ligue Féminine de Basket fête ses 20 ans. Tout au long de la saison, la LFB vous propose de découvrir ou redécouvrir, les faits marquants, les équipes, les entraîneurs ou encore les joueuses qui ont fait sa légende. Aujourd'hui, zoom sur l'Open LFB créé en 2005.

Depuis 2005, l’Open de la Ligue réunit l’ensemble des équipes de la Ligue Féminine à Paris dans le cadre de la première journée de championnat. Un Match des Champions oppose désormais le Champion de France au vainqueur de la Coupe de France de la saison précédente mais lui ne compte pas pour le championnat.
Ce principe de compétition dans la capitale, mixé avec des affiches décalées, des séances photos, une rencontre avec les médias et la remise de récompenses à des personnalités et des joueuses ont fait le succès de l’Open qui est devenu la vitrine de la Ligue Féminine de Basket.

Jean-Pierre Siutat explique la genèse de l’Open

L’actuel président de la FFBB fut auparavant celui de la Ligue Féminine de 2001 à 2009 et il est à l’origine de la création de l’Open de Paris.

Quelle a été la plus grande difficulté pour organiser un Open à Paris ?
Le challenge de l’Open c’était de sortir les équipes de leur première journée de championnat et de challenger un opposant sur un terrain neutre. Accepter de perdre de l’argent, du partenariat pour créer un événement sur lequel on est sur une vraie compétition. Un match de sport ne vit que par l’incertitude du résultat et l’émotion et si c’est un match amical, vous avez déjà perdu la moitié des conditions du succès. L’émotion, on l’a par le fait de supporter son équipe dans une vraie compétition. La vraie compétition, c’était de la faire à Paris, sur terrain neutre, dans un endroit où il n’y a pas d’équipe de basket. On a fait un test au Temple-sur-Lot avec des matches amicaux, ce n’était pas bon du tout.

Y avait-il des exemples d’une compétition similaire à l’étranger ?
L’Italie l’avait fait. J’avais appelé le Président de la Fédération italienne qui était un président de club qui avait organisé depuis deux ans un Open lors de la première journée de championnat mais dans un club différent. J’avais trouvé l’idée intéressante et le challenge c’était d’en faire un événement à part à Paris. 

Le plus difficile, c’était donc de convaincre les clubs d’abandonner un match à domicile ?
Bien sûr. On est parti du principe que l’on allait indemniser les clubs. Chaque club donnait 1 000 euros de participation pour ça et après on donnait une indemnité de compensation du manque de recettes à ceux qui devaient recevoir. Et on changeait, une équipe qui recevait l’année 1 était en déplacement l’année 2.

Quel est votre regard aujourd’hui sur l’Open ?
Je ne regrette pas de l’avoir inventé parce que quelque part on a été copié. J’avais créé ça sur le plan national et j’avais demandé qu’on le fasse sur le plan régional pour que l’on reproduise ce positionnement du basket féminin. Beaucoup d’Open régionaux existent et le premier qui a été créé c’est le lyonnais. Beaucoup de pays ont cherché à faire la même chose mais n’ont pas réussi.

Peut-être parce que la France a une capitale où tout est centralisé et donc les clés du succès sont plus évidents ?
L’Italie peut le faire à Rome, la Hongrie à Budapest, d’ailleurs elle l’a fait. Même la WNBA était venue et m’avait dit que c’était un truc super. C’est un événement qui est facilement transportable si on a envie de le faire mais il faut avoir vraiment envie. D’autres sports nous ont aussi copié sur le dossier comme le volley. Aujourd’hui, c’est difficile de faire autre chose. S’il y avait eu un club de basket à Paris, je pense que ça ne s’imposait pas. On est peut-être dans la redondance mais on aime bien quand même passer quarante-huit heures pour voir les équipes en présence, les nouvelles joueuses. Et quand vous êtes Américaine, Australienne, c’est l’occasion de se voir. L’unité de lieu, l’unité d’espace, c’est la tragédie grecque.

La parole aux actrices de l’Open

Fatimatou Sacko (Lattes Montpellier), Paoline Salagnac (Lyon), Isis Arrondo (Angers, LF2) et Gaëlle Skrela, désormais retraitée, sont les joueuses qui ont disputé le plus grand nombre d’éditions de l’Open. Aussi, on leur a demandé leur avis sur la question.

Que représente pour vous l’Open de la Ligue ?
Fatimatou Sacko : Ça représente la rentrée, la reprise. Le fait de pouvoir voir tout le monde, savoir où tout le monde joue. On a beaucoup d’amies dans les équipes et c’est le seul moment où on peut se rencontrer.
Isis Arrondo : L’Open c’est la fête du basket féminin français. C’est l’occasion de toutes se retrouver le temps d’un week-end et de promouvoir le basket féminin.
Paoline Salagnac : C’est le lancement de la saison, c’est retrouver la réalité du championnat. Après l’été, on a hâte de ça. C’est aussi un grand moment pour le basket féminin d’avoir toutes les équipes au même endroit à Paris. Ça a toujours été de très bons moments même si les quatre premiers Open je les ai tous perdus ! Il m’a donc fallu quelques années pour l’apprécier (rires).
Gaëlle Skrela : C’est une fête, le lancement de la saison. Ça a toujours été de bons moments partagés même si parfois on repart avec une défaite.

Quel est le souvenir de toutes les éditions qui vous revient en mémoire ?
Fatimatou Sacko :C’est pour moi toujours un bon week-end car je vois les gens que j’aime. J’aime cette période de la saison où il faut aller à l’Open. La séance photos, ce n’est pas trop pour moi, je le fais parce qu’il faut le faire, mais en les regardant ensuite, on voit notre évolution !
Isis Arrondo : C’est un souvenir malheureux. Lors de mon premier Open, avec mon équipe de Mourenx, qui n’est plus en Ligue, on avait pris 50 points par la grande équipe de Valenciennes. Je me suis dit que l’on était arrivé à haut niveau et qu’il y avait une grosse marche à franchir. Je m’en rappelle comme si c’était hier.
Paoline Salagnac : C’est vrai que les premières années, je disais que j’étais vraiment le chat noir puisque j’en avais perdu deux avec Clermont puis deux avec Mondeville. En arrivant à Bourges, j’avais dit aux filles que si on perdait c’est vraiment que l’Open ne me réussissait pas.
Gaëlle Skrela : A partir du moment où il y a eu le Match des Champions, ça nous a permis de décaler un peu le début de la saison d’une semaine. Et en 2016 ça nous a permis de gagner un premier titre, c’était plutôt chouette !

Est-ce que ça change quelque chose dans l’approche du match de se retrouver sur terrain neutre ?
Fatimatou Sacko : Ce qui est embêtant, c’est de jouer sur terrain neutre quand le match devrait être chez nous. Sur terrain neutre, on n’a pas forcément tous nos repères, on n’a pas notre public.
Isis Arrondo : Si on fait un match « à domicile », c’est un peu pénalisant car on n’a pas l’avantage que l’on aurait dans notre salle. Ce qui est sûr c’est que dans tous les cas, tout le monde est un peu plus excité, pressé de jouer. Ce week-end-là génère pas mal de pression. Toutes les équipes s’observent un peu.
Paoline Salagnac : Forcément, ça change quelque chose car on n’est pas chez nous, on n’a pas nos repères. Il y a aussi pas mal de public, toutes les équipes sont là. Au début, j’abordais l’Open de façon un peu plus stressée, plus tendue. On sort de notre cadre habituel, on est un peu moins chez nous.
Gaëlle Skrela : Il faut arriver à faire un peu le vide autour de soi le jour du match car on peut vite s’éparpiller entre le monde que l’on connaît, les médias. Il ne faut pas oublier pourquoi on est là, pour lancer la saison et pour gagner le match.

09/05/2018 - Texte : Pascal Legendre - Visuel : Chloé Bérard

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