"On a eu chaud aux fesses"
 

ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES

En 2007, en Lettonie, l’Equipe de France U16 féminine remporte le titre européen, portée par deux joueuses archi dominatrices, Diandra Tchatchouang et Allison Vernerey.

De 2005 à 2013, Grégory Halin a dirigé des Equipes de France de jeunes : U16, U18, U19, U20. Il a remporté trois médailles. Pourtant, en 2006, il n’était pas sur le banc des U16 lors de l’Euro en Slovaquie. La veille du début de la compétition, il est rapatrié sur Paris suite à… une rupture du tendon d’Achille survenue lors d’un 2x2 avec son staff. "Autant dire qu’un an plus tard, j’y suis allé mollo", sourit l’entraîneur du Pôle France en LF2. Une prudence dictée par la volonté de préserver sa santé mais surtout par la volonté de ne pas passer à côté de la chance de diriger deux joueuses qui placent automatiquement la France parmi les candidats au titre. Diandra Tchatchouang et Allison Vernerey ont déjà participé à l’Euro de la catégorie en 2006, avec un an d’avance, et pour Tchatchouang il s’agit même d’une troisième participation ! "J’ai récupéré Diandra une semaine avant la compétition", explique Grégory Halin à propos de ce phénomène de précocité, alignée par François Gomez avec les U18 avant de rejoindre sa génération.

Sans forcer, les Tricolores sortent du premier tour avec trois succès (25,3 pts d’écart) mais au moment de débuter le deuxième tour, elles frisent la correctionnelle face à la Belgique. Tchatchouang et Vernerey doivent cette fois s’employer (40 pts, 23 rbds) pour éviter un faux-pas potentiellement fatal dans l’optique d’une qualification en demi-finale. "On a eu chaud aux fesses", admet leur entraîneur. "Mais quand on a été dans le dur plus tard, cela nous a aidés." Après un succès contre la Lettonie qui les envoie au top 4, les U16 chutent lourdement face à l’Espagne, 63-77. Mais en écartant fermement la Serbie en demi-finale (+19), elle s’offre une revanche le 5 août, à Valmiera.

Après 10 minutes de jeu, elles sont déjà dans les cordes (-8) mais une promesse du passé va les sauver. "Deux ans avant nous perdons en finale contre l’Espagne. J’avais hésité à faire zone. Et après le match je m’étais dit, putain, j’aurais dû. Je m’étais promis que si j’étais à nouveau en difficulté contre l’Espagne, je n’allais pas hésiter cette fois." Le changement est immédiat et le résultat spectaculaire. Les Espagnoles restent bloquées à 4 points dans le second quart-temps. Le momentum a changé de camp et dans un ultime effort, la France s’impose 60-57. Une nouvelle fois, le duo Tchatchouang-Vernerey a dévasté la raquette. La première se fend de 17 points, 15 rebonds, 3 passes décisives et 2 contres en route vers le trophée de MVP. La seconde de 22 points, 19 rebonds et 2 contres, sélectionnée dans le cinq idéal. "La hiérarchie était très définie avec les joueuses majeures, les joueuses intermédiaires et les joueuses du banc. Et chacune connaissait parfaitement son rôle. A la minute près je connaissais mes rotations", remarque Grégory Halin.

Vernerey-Tchatchouang. Deux registres différents. Deux destins opposés également. Parties toutes les deux étudier aux Etats-Unis, l’une a privilégié les études tandis que l’autre est devenue une incontournable en Equipe de France. A l’issue de son cursus à Duke, Allison Vernerey a raccroché les baskets mis à part une parenthèse d’un an, pour le plaisir, en Nationale 3. Après avoir obtenu un MBA elle s’est installée à Atlanta pour y travailler. "Il ne fallait pas être devin pour savoir que Diandra allait réussir", note leur entraîneur. "Allison était plus laborieuse. Elle apportait une dureté et un engagement extrêmes. C’était une Rodman en U16." Un binôme de rêve qui le temps d’un été a mis l’Europe à ses pieds.

15/07/2020 - Julien Guérineau

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