Comment ça va Diandra Tchatchouang ?
 

ÉQUIPE DE FRANCE FÉMININE

Quelques jours après la fin du confinement, nous avons posé quelques questions à Diandra Tchatchouang. À 28 ans, la joueuse originaire de Seine-Saint-Denis se définit comme une sportive et femme engagée. Lors de cet entretien passionnant, elle revient sur la place des études dans sa vie d'athlète professionnelle, son association "Study Hall 93", "Take Your Shot" la journée dédiée aux jeunes joueuses de La Courneuve ou encore son podcast "Super Humains", lancé il y a quelques semaines avec succès.

Comment ça va Diandra ?
Ça va, ça va. Le retour à la vie presque normale se passe bien même si à mon niveau il n’y a pas trop de changements. Les salles n’étant pas encore disponibles, il n’y pas grand-chose qui a changé pour moi. Je ne suis pas retourné faire les magasins, juste le strict minimum avec les achats de première nécessité. 

C’est vrai que quand on lit ta biographie, on est tout de suite impressionné par ton parcours sportif mais aussi scolaire. Tu as eu la chance de pouvoir allier les deux en NCAA à Maryland et tu es aujourd'hui à Sciences-Po. C’est quoi la recette secrète de Diandra Tchatchouang ?
Il n’y a pas de recette secrète (rires). Je pense que c’est lié à mon éducation. La place des études a toujours été très importante et prioritaire par rapport au basket. Quand j’ai eu mon bac après 4 ans passés au Pôle France BasketBall, je ne me voyais pas passer professionnelle et ne pas pouvoir étudier à côté. C’est pourquoi je me suis orienté vers un cursus universitaire à 18 ans aux États-Unis qui me permettaient de faire les deux. J’avais envie d’allier le côté étude et pouvoir jouer à un niveau compétitif en NCAA. Je pense que c’est toujours important de faire autre chose pour trouver un certain équilibre, c’est aussi pour ça que je suis encore à Sciences Po. C’est aussi un moyen de préparer sa reconversion.

"Sportive et femme engagée"

Tu te considères comme « sportive et femme engagée ». Alors c’est quoi pour toi être une sportive et une femme engagée ? Comment réussir à faire un lien entre les deux ?
C’est s’intéresser à des sujets autres que le sport. Pour ma part, j’essaye de défendre différentes causes en utilisant ma voix d'athlète professionnelle. Ça peut être des injustices homme-femme, d'autres par rapport aux différentes classes sociales.

Tu es membre de la commission d’athlètes Paris 2024 avec ton association « Study Hall 93 ». C’était important pour toi de t’engager auprès des jeunes de La Courneuve ?
Oui car je suis originaire de La Courneuve et de Seine-Saint-Denis. Study Hall c’est mon association qui est née il y a un peu plus de 2 ans maintenant. C’est un dispositif de soutien scolaire qui a pour but d’aider les jeunes sportifs de la ville. C’est aussi une façon d’éloigner les jeunes des mauvaises influences. J'étais à leur place il y a quelques années, quand j’étais encore au collège à La Courneuve et je sais qu’il y a beaucoup de choses qui auraient pu me détourner du droit chemin. Plutôt que d'aller trainer entre la fin des cours et le début de l'entraînement, les jeunes font leurs devoirs pour le lendemain ou pour la semaine.
À la commission des athlètes, mon rôle concerne beaucoup plus la partie Héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. À travers mon association, j’essaye de préparer les jeunes en organisant des stages linguistiques pendant toutes les vacances de façon à ce qu’ils puissent être eux aussi acteurs de ces Jeux Olympiques.

On peut aussi parler de « Take Your Shot », une journée dédiée aux U13 et U15 féminines de La Courneuve…
Lors de la première édition, il y avait à peu près 80 jeunes filles. Aujourd’hui on a une capacité d’accueil de 200 jeunes filles âgées de 11 à 15 ans. C’est une journée qui a un volet sportif mais aussi et surtout éducatif. Les filles viennent pour jouer au basket et l'objectif est de favoriser la pratique féminine. Il y a aussi trois ou quatre personnalités féminines inspirantes (Rokhaya Diallo, Gwladys Épangue, Amy Sibidé...ndlr) qui ont un moment d’échange avec les jeunes filles. C’est l’occasion pour ces jeunes basketteuses de poser des questions, de s’inspirer des parcours d’excellences. Ça donne des idées et le but est qu’elles repartent de cette journée l’esprit plein de bons conseils et d’envie.

"Mon objectif, c'est de montrer à ces jeunes qu'ils n'ont aucune limite"

On sent que c’est vital pour toi d’essayer d’ouvrir de nouveaux horizons pour les jeunes filles de Seine-Saint-Denis ?
Complètement. C’est vrai que j’ai grandi à La Courneuve et je me rend compte que 10/15 ans après, il n’y a pas grand-chose qui a changé. Il y a toujours un frein. On fixe toujours des limites à ces jeunes et mon objectif c’est de leur prouver le contraire. Il faut qu’elles aient des ambitions élevées et qu’elles n’aient pas peur de les afficher.

Tu as créé ton podcast « SuperHumains » très récemment. Le premier épisode est sorti le 22 avril dernier et tu as reçu Aristide Barraud, ancien rugbyman du Stade Français touché par trois balles de Kalashnikov lors des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Peux-tu nous en dire plus sur le concept ?
C’est un podcast que j’ai lancé il y a quelques semaines. D’ailleurs, le 2e épisode arrive bientôt. Super Humains a pour but de mettre en avant des parcours de vie hors du commun chez les sportifs, pas toujours facile à exprimer. Avec Aristide par exemple, j’ai la chance d’avoir un homme avec un vrai talent de narration donc c’était très agréable à écouter. J’espère que les personnes qui écoutent ses témoignages vont s’en inspirer et se diront que si telle personne à réussi à se relever, moi aussi je peux en faire de même.

L’année prochaine, tu joueras toujours à Lattes-Montpellier. Tu as décidé de prolonger assez tôt, en décembre 2019. C’est un club dans lequel tu te sens bien ?
Je pense que ça confirme l’idée que je me sens bien à Montpellier. C’est un club qui a des objectifs élevés tous les ans, avec une équipe bien construite. Je ne me suis pas trop posé de questions, j’étais à la recherche de stabilité. En décembre quand on m’a proposé de resigner, je n’ai donc pas hésité longtemps.

Finalement c’est aussi le choix de la raison avec l’opportunité de jouer le titre en LFB et d’aller loin en EuroLeague ?
En effet, les objectifs du club sont toujours élevés. On sort d’une saison EuroLeague vraiment riche, même si elle n’a pas pu aller à son terme. En LFB, l’objectif est toujours de gagner le titre. Ça fait 10 ans que le club est installé dans le top 4 du championnat donc il y a certaines attentes.

L'interview complète 

18/05/2020 - Clément Daniou (FFBB)

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