"Beaucoup d’entraîneurs ne voulaient pas les coacher"
 

ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES

Malgré une alchimie incertaine et une blessure handicapante, l’Equipe de France U18 féminines atteint la finale de l’Euro en 2015, en Slovénie.

Oubliez le monde des Bisounours. Celui des bonnes copines qui se serrent les coudes et marchent d’un même pas vers les médailles et la gloire. Chez les jeunes comme chez les seniors les ego et les susceptibilités sont des données à gérer pour les entraîneurs nationaux, tout autant que les considérations tactiques. A l’été 2015, Jérôme Fournier s’apprête à retrouver la catégorie U20 avec laquelle il a remporté une médaille d’or un an plus tôt. Mais le programme va être légèrement bousculé. "Plusieurs entraîneurs ne souhaitaient pas travailler avec cette génération", sourit le coach. "Patrick Beesley a insisté. Comme j’aime les challenges j’ai dit oui. Et ça n’a pas été sans mal... Tout a été compliqué même."

La génération 97, renforcée pour l’occasion par plusieurs éléments nées en 1998, a terminé 5e de l’Euro U16 puis 8e du Mondial U17. Elle repose notamment sur le duo Lisa Berkani-Ornella Bankole. Mais l’association prometteuse sur le papier ne se matérialise pas sur le terrain. Et terrible coup dur, dès la première mi-temps du premier match de la compétition, Bankole s’effondre, victime d’une rupture des ligaments croisés. Le fragile édifice construit pendant la préparation vacille. "Cela a déstabilisé pas mal de choses. Mais l’équipe a su se remobiliser." Malgré cette absence les Bleuettes enchaînent les succès. Russie et Espagne sont écartées pour signer un parfait 6-0 lors des deux phases de poule. Puis les Pays-Bas sont étrillés en quart de finale : +57 !

La demi-finale est en revanche plus tendue face à la Russie. En tête pendant l’intégralité du match, les Françaises voient fondre sur elles leurs adversaires dans les dernières minutes. Mais le récital de Lisa Berkani (23 points, 10 rebonds et 3 passes décisives) leur permet de se qualifier pour la finale. La Berruyère, en partance pour Montpellier, est un talent rare dans le basket féminin mais va passer au travers de la dernière rencontre en signant un 5/20 aux tirs. La France explose, 60-76 et repart de Slovénie avec une médaille d’argent, sa troisième défaite de suite en finale chez les U18. "Je retiens l’aventure mais pas la médaille", regrette Jérôme Fournier. "J’essaye de rester positif avec mes équipes mais le langage du corps peut trahir. Encore une fois on était sur la deuxième marche à écouter un hymne qui n’était pas le nôtre."

Un an plus tard, les U18 briseront la série. Avec Arnaud Guppillotte sur le banc et Alexia Chartereau en MVP. Une joueuse qui avait déjà pesé en 2015 en tournant à 12,0 points et 10,4 rebonds de moyenne avec un an d’avance. "Je savais qu’elle deviendrait une joueuse intéressante mais ça serait prétentieux de ma part de dire que j’imaginais sa carrière", confesse Jérôme Fournier qui avait choisi de la nommer capitaine en cours de préparation. "Elle s’est découvert une âme de leader. C’est là où je me suis dit qu’elle avait sans doute quelque chose de plus." Dans un groupe où la gestion des personnalités aura été délicate, la conquête de l’argent démontre s’il en était encore besoin que l’unité d’un groupe ne détermine pas le résultat final. "Il n’y a pas de recettes. Je me demande même si tu n’as peut-être pas plus de chances de gagner avec des gens qui ne s’entendent pas", s’interroge Jérôme Fournier.

03/07/2020 - Julien Guérineau

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